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Réponse à la pénurie de main-d'œuvre

Sur Industrie Paris et sur le Simodec, une question revenait sans cesse : Comment recruter une main-d’œuvre qui se fait rare dans les industries mécaniques, ou pallier à ce manque d’opérateurs pour rester compétitif ? L’automatisation des moyens de production apporte une double réponse, en renforçant l’intérêt des métiers du travail des métaux, tout en renforçant la compétitivité des entreprises.

Alors que l'activité industrielle en France se porte bien, les métiers de la mécanique souffrent d'un manque d'attrait certain pour le grand public. L'industrie évoque encore pour certains le monde de l'usine des années 50, avec son bruit, ses odeurs ou sa saleté. La réalité est pourtant bien différente.

Les entreprises de toutes tailles automatisent aujourd'hui leurs chaînes de production, déchargeant ainsi le personnel de tâches répétitives, dangereuses ou salissantes au profit de fonctions motivantes comme le suivi de production, la logistique ou le commercial.

C'est ainsi que les PMI françaises s'efforcent de combler le retard qui s'est creusé dans l'automatisation vis-à-vis de pays comme l'Allemagne ou le Japon.


Maintenir les emplois en les qualifiant
Prenons l'exemple du décolletage, profession rassemblée lors du Simodec récent. Le métier de décolleteur a bien évolué. Il intègre les fonctions de conception et présente un produit fini composé de plusieurs pièces.

Dans ce secteur de pointe, les bureaux d'étude sont légions, y compris dans les petites structures qui peuvent ainsi répondre aux attentes de leurs clients en concevant de nouveaux produits.
La formation des jeunes existe dans ces filières.

BEP, bacs pros et BTS forment les futurs opérateurs, régleurs, techniciens et décideurs de demain : ceux-ci apprennent à programmer des machines automatisées, tandis que les enseignants recherchent des passerelles pour mener des projets en commun avec les industries. Mais tous les responsables sont unanimes : "Notre 1er souci réside dans le recrutement pour les filières mécaniques", comme le disait récemment le Directeur du lycée Sainte Barbe de Saint-Etienne.

Et pourtant, plusieurs signes annoncent une croissance sûre et intéressante de ces métiers. Alors que dans les années 2000, la tendance était à la délocalisation dans les pays de l'Est ou en Asie, un retour en arrière est sensible partout en mécanique industrielle, notamment dans la vallée de l'Arve. Bon nombre d'industriels affirment que c'est en se démarquant par la qualité, l'innovation et l'investissement dans les outils de production que l'Europe peut rivaliser avec les pays low-cost.

Le coût moyen de la main-d'oeuvre étant de 24€ en Europe contre 1€ en Asie, il est nécessaire d'automatiser afin de pouvoir rivaliser en coût de production avec les pays émergents. Leur niveau de vie est d'ailleurs annoncé à la hausse, ce qui effacera l'avantage principal - à savoir le coût de la main-d'oeuvre - pour les entreprises ayant délocalisé, souvent sous la pression des donneurs d'ordres déjà installés à l'étranger. De plus, les coûts de transports annihilent encore ce différentiel.

En transférant les tâches répétitives à faible valeur ajoutée de l'homme vers la machine, les risques de maladies professionnelles (TMS) et leurs coûts pour l'entreprise diminuent d'autant. A l'heure où les PME-PMI subissent une forte pression sur les prix par leurs "gros" clients, celles-ci sont conscientes de la flexibilité que leurs apportent les chaînes robotisées qui, si nécessaire, travaillent la nuit ou le week-end.

L'entreprise peut alors envisager de prendre de nouveaux marchés et d'embaucher du personnel supplémentaire pour faire face à l'accroissement du volume de production, prouvant ainsi qu'il y a d'autres alternatives à la délocalisation et attirant les jeunes dans des emplois de haute technologie.


Inventer les métiers de demain
"La conception d'une cellule robotisée apparaît aujourd'hui comme une nécessité dans la formation des futurs techniciens." Fort de ce constat, le chef de travaux d'un lycée professionnel a mis de nombreux partenariats avec divers industriels de la région de Cluses pour la section "Mécanique et automatismes industriels". Au coeur de la vallée de l'Arve, haut lieu du décolletage, le lycée Charles Poncet (A.435) de Cluses (74) propose quatre filières de BTS industriels. Parmi eux, le BTS M.A.I. (mécanique et automatismes industriels) forme en deux ans vingt-quatre techniciens dans les domaines de la mécanique, de l'électricité et de l'automatisme. "Il n'y a aucun problème de débouché pour les jeunes qui sortent de cette section," constate Gérard Guiffault, responsable de l'enseignement technologique dans ce lycée. Ils sont recrutés pour travailler dans la maintenance de machines industrielles automatisées, comme intégrateurs pour la conception de programmes ou en tant que concepteurs dans des bureaux d'études avec des applications de DAO et CAO. "Le problème consiste plutôt pour nous à savoir comment attirer les jeunes vers ces sections !" Dit-il aussi. Après le BTS, les étudiants peuvent poursuivre en licence professionnelle (mécanique, production industrielle) ou dans une école d'ingénieurs. Ils postuleront ensuite essentiellement dans des PME qui automatisent leurs parcs de machines, chez des intégrateurs ou dans la machine-outil.


En collaboration avec les industriels
Le travail sur de vraies simulations devrait pourtant convain-cre les indécis. Si chaque étudiant effectue un stage en entreprise dans le cadre de son cursus, la collaboration avec les industriels de la région va parfois plus loin. Chaque année, une entreprise confie l'évolution d'une machine automatisée à un groupe d'élèves et les accompagne dans le projet, notamment dans les choix et les investissements à faire à chaque étape - un challenge qui motive énormément les jeunes. Un autre partenariat a débuté avec Stäubli, fabricant de robots. "Un robot ne fait rien tout seul ; il faut l'intégrer dans un certain environnement. Ce rôle d'intégrateur a été assuré par un groupe d'étudiants de la section M.A.I." explique Gérard Guiffault.
Grâce à la taxe professionnelle et au soutien de Stäubli (A.436), le lycée acquiert en 2006 un robot de la marque. Il revient aux élèves d'effectuer toute la programmation des mouvements, la conception d'éléments mécaniques et les tests nécessaires afin de mener à bien le projet qu'ils ont choisi : ranger dans le bon sens des CD dans leur boîtier puis sur un présentoir. Un travail qui demande aux étudiants de comprendre la logique de la programmation et surtout d'arriver à faire communiquer entre eux tous les éléments du dispositif : vérins, ventouses sous énergie pneumatique, tapis de défilement, bras automatisé, etc. L'achat d'un deuxième robot au lycée Charles Poncet va permettre aux jeunes de continuer cette lancée, en réalisant d'autres travaux pratiques très concrets. Parmi beaucoup d'autres, cet exemple montre que de nombreux leviers sont encore à disposition, afin de maintenir la force industrielle de la mécanique en France.

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