DMG FRANCE
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Machpro 732
30/11/00

Une BIMU Impressionnante

La BIMU, par ses dimensions, par le nombre des exposants, par les quelque 115 000 visiteurs, est un événement européen de taille, comparable à la référence américaine en la matière : l’IMTS. Elle l’est par les innovations que chacune de ses éditions nous fait découvrir, même si la dernière en date, démontrait plus le souci de faire face à la demande que le désir de montrer les développements en cours. Ce qui tend à prouver que le plan de charge des constructeurs de machines-outils italiennes est assuré.

Une innovation permanente
Les expositions qui se succèdent montrent que l’intégration de moteurs linéaires concerne des machines-outils de types de plus en plus divers. Il y a quelques années, en 1996, à la JIMTOF de Tokyo, on découvrait des prototypes, souvent issus de la collaboration de plusieurs industriels et d’universités. Il en allait ainsi sur des centres d’usinage, des rectifieuses, des presses, des poinçonneuses, des machines de découpe laser.
Les Italiens, parmi les pionniers
Dès 1995, Comau avait équipé un banc d’essai de
moteurs Fanuc-Anorad.

Vers 1996, Minganti avait adapté un moteur linéaire Kraus Maffei-Siemens sur un tour vertical, à chargement intégré, pour obtenir des vitesses d’avance plus rapides lors des chargements déchargements de pièces. En 1996, une poinçonneuse Sapim Amada fut équipée de moteurs Fanuc et MCM commença à étudier et concevoir son centre Forerunner qui, avec des moteurs linéaires Fanuc, offre des vitesses d’avance rapide de 100 m/mn et des accélérations / décélérations atteignant 2 G. Cette même année, une machine découpe laser CO était présentée par Fanuc à la Jimtof de Tokyo, équipée de moteurs linéaires. Vers 1997, Samputensili les appliqua sur une RI 400 Twin qui fut d’ailleurs présentée à l’EMO de Paris en 1999. L’EMO de Hanovre, en 1997, fut marquée par une forte innovation dans ce domaine, ces moteurs étant apparus sur des centres d’usinage chez des constructeurs allemands, japonais et français, souvent intégrés dans des lignes transfert de production nécessitant des vitesses et des accélérations éle-vées, comme chez Ex-Cell-O, Grob, Heller, Renault-Automation. Cette même année une rectifieuse verticale 3GEN japonaise, dotée de moteurs liné-aires Fanuc, permettait 400 cycles d’oscillation par minute sur une course verticale Z de 25 mm. En 1998, en Italie, une machine transfert dotée de moteurs Fanuc fut présentée par CMA. En 1999, à l’EMO de Paris, le groupe Cato présentait un tour Rubis, Index-Traub ses tours à poupée mobile Traub TNL 12/7, ainsi dotés. Renault-Automation-Comau fit la démonstration de ses centres d’usinage Urane ainsi équipés et Sodick présenta une adaptation de ce type de moteur sur une machine EDM, technologie qu’il généralisa dans la foulée sur les machines EDM à fil. Cette même année, en Italie encore, fut exposé un centre d’usinage pour le travail du bois chez CMS S.p.A.
Quoi de neuf en 2000 ?
Lors de la BI-MU, cette année, a été organisé un séminaire traitant de l’utilisation des
moteurs linéaires, qui permit de faire le point sur l’intégration de ce type de moteurs sur les machines-outils en particulier italiennes. Courant 2000 donc, a été présenté un transfert linéaire Sala Transfer dont la vitesse d’avance atteignait 120 m/mn en 75 ms avec une accélération de 2,7 G, grâce à ce type de moteurs. A Bologne, à l’occasion de Lamiera, exposition dédiée aux machines travaillant par déformation du métal, furent présentées des applications de moteurs linéaires, sur une machine de découpe laser allemande Trumpf HSL 2502, une machine de découpe laser CF 1500/PS du Belge Baliu et une machine de découpe par jet d’eau sur stand de Waterjet Italiana.

A la Metav de Düsseldorf, ont été présentés les tours verticaux CTV 250 et CTV 500 Gildemeister dotés de moteurs linéaires, dont un essentiellement dédié à la rapidité de chargement/déchargement des pièces. A Chemnitz, Samputensili a exposé sa rectifieuse-shaveuse d’outils RSB 18 ainsi dotée. Lors de l’IMTS de Chicago, sont apparus des moteurs linéaires sur des centres d’usinage pour pièces d’aéronautique, chez Cincinnati, Ex-Cell-O, Mori Seiki, Yamazaki-Mazak. Pour le même secteur d’activité les constructeurs européens se sont présentés à l’IMTS avec des solutions performantes. MCM exposait son Forerunner, Henri Liné Machines-Outils son centre Powermill 240 et Jobs son centre d’usinage LinX.
La BIMU 2000
Dans ce contexte, la BIMU de Milan aurait pu paraître en reste. Les innovations y ont été moins spectaculaires et moins nombreuses qu’à l’accoutumée, les constructeurs présentant essentiellement des machines industrialisées ou des extrapolées de modèles existant pour élargir leur gamme commercialisée. Mais, on y notait néanmoins des machines à
moteurs linéaires ou à structures parallèles.
Machines à
moteurs linéaires
Cette année, on notait néanmoins de nouvelles applications avec l’adaptation d’un
moteur « linéaire circulaire » suisse sur une table rotative TMC 1000 présentée par Parpas (M.088), tournant à raison de 90 t/mn, avec une précision de ±0,001°, une répétabilité de ±0,0005°, un couple d’entraînement de 2300 Nm, un couple de blocage de 4000 Nm, admettant une charge de 1000 kg. Le visiteur pouvait découvrir des moteurs linéaires Siemens-Kraus-Maffei (M.089) sur une rectifieuse SAIMP Galileo. Lesquels simplifient la chaîne cinématique, éliminent les erreurs à l’inversion de sens, les erreurs de poursuite, améliorent la précision des positionnements, d’autant mieux qu’ils sont associés à un bâti en composite, très rigide, à des glissières hydrostatiques diminuant les frottements, les phénomènes de collage et leur usure. Ce qui se traduit par une grande précision des mouvements interpolés et permet l’usinage de pièces non circulaires, de profils orbitaux, excentriques ou planétaires. Innse Berardi (M.079) et Retco (alliance de Innse-Berardi et de Retco Maschinenbau) présentait un centre d’usinage désigné IBR-1,8 G, fruit de la collaboration de ces trois sociétés. Doté de moteurs linéaires, ce centre atteint des vitesses de 90, 100 et 120 m/ mn et des accélérations de 13, 15 et 18 m/s² et une poussée de 5000 N sur les courses X, Y et Z, respectivement de 700, 600 et 600 mm. Les broches standard proposées tournent à 8 000, 16 000 ou 24 000 t/mn, avec des cônes d’outils de HSK 63, 80, 100 en développant une puissance de 20, 30 et 40 kW. Le changeur d’outils, à 24 postes, opère en 3,8 secs, copeaux à copeaux.
Ce centre existe en version stand alone à quatre axes, avec table tournante, en version stand alone avec table tournante et changeur de palettes, en version module pour ligne transfert flexible à 3 ou 4 axes pou l’usinage et un axe contrôlant les positionnements. Selon les applications donc, il reçoit une table pivotant avec une vitesse de rotation de 100 t/mn et un couple de 4000 Nm, une table inclinable, une table à rotation-translation sur son axe Z1.
En version palettisée, les palettes mesurent 500 x 500 m et le changeur opère en 7 secs.

Samputensili (M.080) présentait une vidéo d’une machine qu’il avait exposée à Chemnitz, une rectifieuse-shaveuse d’engrenages, désignée RSB 18 Cette machine était dotée de moteurs linéaires 1FN1 Siemens sur les axes linéaires B, X, Y et Z, de courses respectives de 240 mm, 140, 215 140 mm. Ces moteurs, qui assurent des vitesses d’avance de 12 m/mn, 500 mm /mn, 300 mm/mn, 500 mm/mn sur ces axes, ont été sélectionnées, avant tout, pour simplifier la cinématique d’une machine comportant huit axes, non compris les axes commandant les meules de dressage, pour la rapidité du dressage des meules, pour la précision qu’ils procurent, pour leur fiabilité et la facilité de démontage en maintenance, le MTBF de ces moteurs étant, selon Siemens, de 13 ans.
Finn Power (M.081) a développé une nouvelle machine de
découpe laser, désignée FPL6, dotée d’une « optique mobile » et de moteurs linéaires sur les deux axes horizontaux lui assurant des vitesses de déplacement simultanées de 300 m/mn. Dans ce contexte, Deckel Maho Gildemeister (M.082) présentait, pour la première fois en Italie, d’une part son DMP 60 Linear, offrant des avances de 100 m/mn en rapide et des accélérations de 1,5 G pour l’usinage de pièces sur cinq faces, d’autre part son centre de tournage vertical CTV 250, déjà exposés à l’occasion d’autres manifestations en Allemagne et aux USA. On notait également une machine EDM Sodick AQ 325L à moteur linéaire exposée sur le stand Celada (M.084).
Machines à structure parallèle
Dans ce domaine, seul Masmec (M.083) était présent en tant que constructeur italien, avec un robot de chargement à cinématique parallèle IPKM conçu en collaboration avec ITIA, Siemens et Zanussi, et Index avec son tour VT100, présenté sur la Metav et l’IMTS, décrit dans un numéro précédent.
Le robot IPKM de Masmec, conçu pour une utilisation sur la ligne de montage du tube de vidange sur la base des machines à laver Zanussi. Il est de configuration hybride dans la mesure où une partie est parallèle et une autre série. Ce qui assure, avec six degrés de liberté, une grande flexibilité au composant final, tant en translation qu’en rotation.
Il opère dans un espace de 0,2 mètres cubes, extensible à 0,3 mètres cubes, a une vitesse de translation maximale de 1 m/s, une accélération maximale de 10 m/s², une précision de 0,05 mm et admet une charge utile de 30 kg. Une interpolation est possible, avec déplacement simultané de tous les axes.
Vers une globalisation de l’offre
Démontrant une tendance certaine à la globalisation, les constructeurs, qu’ils soient japonais, allemands, italiens ou plus généralement asiatiques ou européens, commercialisent les produits les plus récents simultanément sur plusieurs continents.
Autres tendances
Sur la BIMU, comme sur l’IMTS et autres biennales de l’année, on a vu se multiplier les machines dotées d’alimentations automatisées, au moyen de manipulateurs intégrés ou de robots. Il en allait ainsi pour les centres d’usinage, pour les centres de tournage ou même pour de simples tours et quelle que soit l’origine du produit : européenne, asiatique, américaine. L’usinage à grande vitesse, l’usinage à sec, l’usinage dur, le tournage dur, étaient d’actualité sur la plupart des stands. La BIMU témoigne, si besoin en était, de la toute puissance de l’industrie mécanique en Italie et, en particulier, de l’activité des moulistes en Italie. En sont la preuve irréfutable, les innombrables machines de toutes tailles et de tout domaine d’applications exposées, aléseuses Colgar, Fil, Maut, Pama, fraiseuses, centres de fraisage CB-Ferrari, Fidia, FPT, JOBS, Mandelli, Mecof, Parpas, Rambaudi, centres d’usinage Breton, Linea, Mandelli, Sigma, centres de tournage vertical, machines d’électro-érosion CDM Rovella, rectifieuses Rosa, Tacchella.
La BIMU révèle également un souci d’innovation, avec des centres d’usinage conçus pour tourner, comme le MV2 Compound d’Eikon (M.084) doté d’une part d’une unité de fraisage desservie par un magasin d’outils à vingt stations et un changeur automatique, d’autre part d’une unité de tournage comportant cinq outils. Dans le même esprit, on trouve des tours verticaux Maus, Pietro Carnaghi pouvant rectifier, des machines transfert (Giuliani, Riello, Streparava) de plus en plus flexibles et convertibles.
La réalité italienne
Mais ce qui prouve la réalité et la vivacité du tissu industriel mécanicien italien, c’est la multitude de machines simples, de tours deux axes conventionnels voisinant avec les machines les plus sophistiquées, tels que centres de tournage à deux
broches dotées d’axes C, de deux ou même trois tourelles porteuses d’outils motorisés, centres d’usinage capables d’usiner les cinq faces d’une pièce en une seule prise, y compris en cinq axes. Mais la BIMU est également une vitrine de tout ce qui se fait en machines spéciales, machines de mesures diverses, de contrôle et en composants les plus variés.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 732 du 30/11/00, page 27.
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