GF AGIE CHARMILLES
12, avenue du 1er Mai
BP 21
91122 PALAISEAU CEDEX
Machpro 819a
05/09/05

Du rififi dans le micron

Les techniques de finition de pièces mécaniques ont fortement évoluée ces dernières années. Entre érosion, rectification et usinage dur de précision, les marchés se redistribuent, avec tout ce que cela comporte comme implications économiques. Principalement Suisses et Allemands, les constructeurs connaissent des fortunes diverses.

Après avoir connu ses décennies de gloire, l’électroérosion marque un palier sévère depuis plus de deux ans. L’usinage UGV dur est venu bousculer la donne, en permettant notamment aux moulistes de finir leurs moules sans passer par la case érosion, ou très peu. La formation du groupe Agie Charmilles (W.919), intégrant le constructeur de CU Mikron, illustre l’adaptation des constructeurs à leur marché. Mais celui de l’érosion reste au plus bas, perdant encore 30% à 50% cette année. La rectification, qui avait subi l’arrivée de l’érosion dans les années 80/90 reprend, quant à elle, du poil de la bête. Les concentrations d’entreprises du secteur, si elles peuvent encore se produire, ont été en grande partie réalisées et digérées.

Ainsi, le groupe Korber Schleifring (W.920) affirme sa prééminence sur l’ensemble du secteur, en rassemblant huit constructeurs Suisses et Allemands que sont Blohm, Ewag, Jung, Mägerle, Mikrosa, Schaudt, Studer et Walter (W.921).

Sur leur stand de l’EMO de 1170m2, le visiteur trouvait de nombreuses innovations, tant en rectification plane que cylindrique, en affûtage qu’en usinage multifonctionnel. En affûtage, la technique d’érosion se combine avec le meulage, pour la fabrication d’outils PCD. C’est vrai sur la machine Ewamatic Line, aussi bien que sur la machine Walter Helitronic Diamond. En terme d’usinage multifonctionnel, la machine Schaudt Kairos intègre l’usinage complet par tournage dur et rectification sur des pièces cylindriques jusqu’à une longueur de 400 mm, en particulier des arbres de transmission. En entrant dans le détail technique, il semble que le guidage hydrostatique fasse tâche d’huile puisque, après Kellenberger et Mägerle, il est aussi mis en avant par Rollomatic (W.922) sur sa machine de production de très petits outils rotatifs 6000XC.

La précision reste une constante chez tous ces constructeurs, qui évoquent des valeurs de tolérance de l’ordre du micron, dans les conditions appropriées. Mais on retrouvait un tel discours chez Kern (W.923), qui affiche une précision de +/– 0,3 et un Ra de 0,05µm sur son nouveau centre d’usinage Pyramid Nano. Lui aussi dispose d’axes à guidage hydrostatique et d’un bâti monobloc en matériau de synthèse, le Kern Armorith®. Il va de soi qu’une telle précision sur un volume de 500x500x300 mm a un coût, approchant ou dépassant les 300 k€, suivant les options. En résumé, la précision mécanique offre un choix large, non seulement entre les machines, mais également entre les technologies. Le plus difficile reste de trouver la bonne adéquation entre le besoin réel et la réponse la mieux adaptée.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 819a du 05/09/05, page 37.
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