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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Lever le nez, rentrer les fesses !
En cette période hivernale, il parait opportun de donner quelques conseils valables d’abord sur les pistes de skis et en conduite sur glace, mais qui peuvent aussi bien s’appliquer à la gestion des entreprises mécaniques. Car si un bon skieur ou un bon pilote sait qu’il faut décoller le nez de ses spatules ou de son capot pour anticiper ses mouvements, virages ou contre braquages, peu disent aux entrepreneurs de décoller le regard des chiffres de la semaine ou du mois, pour mieux voir évoluer son environnement dans cinq ou dix ans. Et que se passe-t-il quand on regarde ses spatules de trop près au lieu de se tourner vers la vallée ? On se retrouve le nez dans la neige ! Cette comparaison est moins osée qu’il n’y parait, car l’économie mondialisante est devenu un terrain extrêmement glissant, qui change de condition très rapidement, sans qu’aucune prévision météo ne soit fiable. Alors, comme un bon skieur doit bien connaître sa montagne, un bon gestionnaire doit apprécier au mieux son milieu économique et technique et d’abord se poser un tas de questions. Combien d’entrepreneurs partent aujourd’hui à la retraite sans pouvoir vendre leur société, car inadaptée aux conditions actuelles ? Combien de sociétés industrielles florissantes se retrouvent exsangues après le passage d’un investisseur financier, intéressé seulement par le profit à court terme ? Combien de moulistes restent aujourd’hui en France et quel est le secret de ceux qui sont toujours là ? Combien de décolleteurs demain et pourquoi auront-ils survécu ? Comment et où seront produites les pièces automobiles, aéronautiques, les turbines de l’énergie, l’électroménager, l’électronique et la mécatronique ? Quelle sera la place de la stéréo lithographie, de l’UGV, de l’érosion, du tournage dur, de l’injection MIM, de la frappe à froid dans la production ? Dans combien de temps manqueront-nous réellement de pétrole et de leurs dérivés ? Quelle est la place du travail des métaux aujourd’hui ? Dans dix ans ? Dans 30 ans ? Cette litanie pourrait encore se décliner longtemps et chacun peut imaginer la sienne propre.
Mais l’important consiste à se poser les bonnes questions, car elles apportent souvent une grande partie des réponses. Et, comme les pisteurs des stations, toute l’équipe de Mach’Pro essaiera de dégager les meilleures pistes à ses lecteurs, tout au long de l’année. Mais n’oubliez pas de lever le nez et de rentrer les fesses, parce que ça va glisser encore quelque temps !
Michel Pech
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