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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Révolutions de salon
Mine de rien, cette année va peut-être marquer un tournant dans l'industrie de transformation des métaux et ce, à plusieurs niveaux. Tout d'abord, la réorganisation des expositions généralistes, concernant le monde de la mécanique, propose plusieurs temps forts : En Mars, Industrie conforte sa place de biennale de tous les moyens de production et équipements périphériques, jusqu'au montage. En novembre, Midest reste le plus grand rendez-vous de la sous-traitance industrielle européenne. En décembre, SCS Automation & Control devient le lieu de rassemblement des composants, des logiciels de CAO, des équipements d'automatisation et du contrôle. En terme technologique, cette année sera peut-être celle qui marquera le plus d'évolution dans le domaine de la commande numérique. D'une part, le matériel évolue vers des commandes basées sur PC industriels. D'autre part, les logiciels intègrent directement la commande des machines, pour en devenir l'intelligence et l'interface adaptée au process. Entre ces deux tendances, chaque acteur propose ses propres solutions et définit sa stratégie de développement. La nouvelle structure de notre constructeur national témoigne de ces mouvements (voir p.23). Constituant une bonne partie de cette édition, les composants des machines deviennent des éléments moteurs de leurs performances. Au niveau du contrôle, la vision affranchit de plus en plus la mesure de tout contact, participant à l'accélération et à l'automatisation de cette fonction.
Enfin, et ce n'est pas le moindre, la robotique prend une place prépondérante dans l'investissement. Après des années de combat philosophique de l'Homme contre le Robot, la raison semble l'emporter. Peu ou prou, la majorité des industriels apprécient l'aide que la robotisation leur apporte, dans leur volonté citoyenne de maintenir leur fabrication dans un pays à forte protection sociale. Les patrons qui investissent apparaissent ainsi comme des protecteurs de l'emploi industriel en France, même s'ils s'implantent ailleurs pour conquérir de nouveaux marchés. Ceux qui n'investissent pas et délocalisent montrent alors leur visage d'opportunistes apatrides, uniquement attiré par le profit immédiat. Entre une gestion humaine à long terme et des coups financiers à court terme, il existe beaucoup de nuances, mais les tendances sont là. Tout cela n'est peut-être que révolutions de salon. Mais c'est quand même là que l'avenir se prépare.
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