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Michel Pech Directeur de publication délégué |
La bonne taille
Les regroupements rachats et fusions d'entreprises ne sont pas choses nouvelles dans le landernau de la mécanique, ni dans celui de l'outil coupant. Il semble pourtant que ces concentrations s'accélèrent dans le top 10 des carburiers avec, fait plus rare, l'arrivée de holdings purement financières. Synergies commerciales des marques, bases financières plus large, capacités de R&D plus importantes font partie des poncifs expliquant ces démarches. Une meilleure rentabilité du capital par des prises de parts de marchés internationaux en constitue plus souvent la raison fondamentale. Cela fait partie du jeu de l'économie mondialisée à laquelle seuls quelques utopistes -ce terme n'étant nullement péjoratif- espèrent encore échapper. De manière plus pragmatique, remarquons simplement que les objectifs ne sont pas toujours atteints par les mastodontes ainsi créés. Sur le papier, la stratégie des organisateurs de ces nouvelles structures est toujours très séduisante. La réalité se confronte plus souvent au choc des cultures techniques et régionales, aux traces de concurrences passées, à l'incertitude des uns et aux maladresses des autres. Les groupes qui réussissent le mieux savent préserver les spécificités au sein de multiples entités autonomes, responsables, flexibles, proches du terrain.
En réalité, ils juxtaposent alors les points forts de tous, sans entraver les initiatives de chacun par des directives inappropriées. D'autre part, toujours en restant dans notre secteur de la mécanique industrielle et de l'outillage, remarquons une tenue des PMI familiale en moyenne plutôt bonne. La motivation des hommes, un savoir-faire pointu, la connaissance du marché, une stratégie définie à moyen et long terme, une capacité de décision immédiate, un fort sens du service sont quelques-uns des atouts majeurs de ces petites structures très réactives. Ainsi, de nombreux affûteurs ont pu se développer sur le terreau de l'outil spécifique, alors que ceux qui n'investissaient pas ont disparu. Ainsi les sous-traitants les plus dynamiques ont d'abord une stratégie industrielle. Ainsi, les décolleteurs qui vont bien ont généralement des structures familiales, les groupes financiers ayant plus pressuré que développé leurs filiales. Ainsi, la bonne taille d'une entreprise est comme celle d'un homme : Elle doit permettre à la tête d'avoir les pieds sur terre.
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