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Machpro 837a 15/09/06 |
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Entre Jura et Savoie
S’appuyer sur le passé pour construire l’avenir évite parfois à l’histoire de bégayer. Encore faut-il la connaître. Or l’industrie n’est pas très vulgarisée dans ce sens. C’est pourquoi Mach’Pro Alpes veut distiller un peu de cette mémoire collective dans chacun de ces numéros. Commençons par le décolletage.
Le premier tour a été inventé par Léonard de Vinci vers 1500, trop en avance sur son temps. C’est vraiment en 1720, qu’un nommé Claude Ballaboud, horloger installé à Cluses en France effectua les premiers travaux de décolletage, destinés à dégager le « collet » des vis. En 1848, l’Ecole d’Horlogerie a été créée à Cluses et prit le nom d’Ecole Royale d’Horlogerie, la Savoie étant alors une seule région du Duché de Piémont Sardaigne. Mais ce n’est qu’à la fin du siècle suivant que se situe vraiment le début de cette activité industrielle. En 1872 à Bienne, M. Schweizer mis au point le premier tour à décolleter à poupée mobile. En 1897, la Chambre syndicale patronale des Tourneurs Décolleteurs Fabricants de vis cylindriques est créée à Cluses.
Entre 1904 et 1908, ce fut au tour d’André Bechler de marquer de son empreinte les premiers pas de la machine à décolleter.
Par la suite, les machines se développèrent sensiblement pour devenir des machines de plus en plus complexes et très fiables. C’était le règne des machines à cames. L’apparition des machines à commande numérique (CNC) au début des années 80 a donné une nouvelle impulsion à la branche du décolletage. Mais elles n’ont pas encore fait disparaître tous les parcs de machines à cames. Portée principalement vers l’exportation, l’industrie du décolletage revêt une importance considérable pour l’économie de l’arc jurassien et de la vallée de l’Arve. Le décolletage fait intervenir un réseau multidisciplinaire d’entreprises avec des métiers connexes. Les fabricants et fournisseurs de machines, d’outillages, de matières et de traitement forment, avec d’autres sous-traitants, un environnement global propice au développement de ce pilier de l’économie, de Moutier (CH) à Cluses.
Entre les fournisseurs, les décolleteurs et les utilisateurs de pièces décolletées, l’industrie du décolletage occupe dans le Jura bernois plus de 6000 personnes réparties dans près de 200 entreprises. Selon les mêmes critères, on compte près de 600 entreprises en France, dont 60 % en Haute-Savoie. Le Sessi dénombre, en France, 186 entreprises de plus de 20 personnes directement dans le secteur (285c), qui emploient 12174 personnes. L’industrie du décolletage se distingue par un savoir-faire indéniable qui est resté orienté vers la précision, la petite dimension et les grandes séries.
Les pièces fabriquées sont le symbole de la précision et des performances de ce secteur industriel. A l’origine essentiellement destinées à l’horlogerie, les pièces décolletées sont désormais utilisées dans tous les secteurs de l’industrie, de l’appareillage à l’automobile et de l’instrumentation médicale à l’aérospatial. En profonde mutation ces dernières années, l’industrie du décolletage fait preuve d’une grande flexibilité afin de s’adapter à la situation et à la demande de ses donneurs d’ordres nationaux et internationaux. Dans ce contexte, le pôle de compétitivité et les projets dont est porteur Arve Industrie (C.101) constituent un challenge d’envergure pour toute l’économie régionale.
Tour de décolletage du début du siècle, exposé au CTDEC (C.102).
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