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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Vers l’usinage automatique
Qu’y a-t-il de commun entre l’évolution de l’informatique, la création des pôles de compétitivité, la mondialisation et le papy-boom ? Chacun participe à sa manière à l’avancée inéluctable d’un concept novateur, désigné communément par le terme d’usinage automatique. Tout d’abord, la puissance de l’informatique favorise l’édition de logiciels de plus en plus spécialisés, capable de modéliser les connaissances humaines dans la plupart des domaines manufacturiers. Ainsi, les paramètres de coupe sont désormais calculés de plus en plus suivant les courbes de couples outils-matières déterminés. Les comportements vibratoires des outils et des machines font également l’objet de recherches de plus en plus assistées par ordinateurs. La programmation des machines-outils se fait aussi de manière quasi automatique, la plupart des éditeurs intégrant un nombre croissant de modules technologiques.
Dans le secteur du travail des métaux, divers pôles de compétitivité se retrouvent autour des applications rendues ainsi possibles, afin de définir les modes opératoires des technologies productives de demain. Depuis la mise à plat des méthodes de fabrication en microtechniques, de la bijouterie au médical, jusqu’au projet de machine auto-adaptative du pôle Arve Industrie, en passant par le prototypage rapide de pièces en métal par la plateforme ID Pro, les sujets allant dans le sens de l’automatisation de la fabrication fourmillent actuellement. Il est aujourd’hui possible d’affirmer que, dans les cinq à dix ans à venir, nos techniques de travail du métal auront considérablement évolué, permettant une automatisation presque intégrale de tous les process. Le point commun avec la mondialisation apparaît donc clairement : Les entreprises doivent adapter leur organisation, leurs méthodes et leurs moyens de production afin de se positionner au sommet de la création de plus-value, pour figurer honorablement dans la compétition internationale. Bientôt, le coût salarial –même dans nos pays à fortes charges sociales - ne représentera qu’une partie infime du produit final. Les pays low-cost perdront alors leurs avantages d’exploiter une main d’œuvre à bon marché et sans protection sociale. Et le papy-boom dans tout ça ? Il convient d’abord de rappeler que, en raison des départs à la retraite de la génération d’après guerre et d’ici 2015, les entreprises du secteur industriel embaucheront plus d’un million de personnes, pour des métiers de plus en plus qualifiés. Dans ce cadre, l’informatisation et l’automatisation croissante des procédés de fabrication vont faciliter considérablement le renouvellement des générations dans l’industrie mécanique. A condition de montrer aux jeunes, à leurs parents et à leurs professeurs que l’industrie a changé et qu’elle leur propose aujourd’hui des métiers intellectuels, propres et valorisants.
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