Edito du numéro 850 du 30/04/07
Michel Pech
Directeur de publication délégué

L'écran, la souris et leurs logiciels

Les planches à dessin ont définitivement disparu des bureaux d'études et les chronomètres de ceux des méthodes.
Les tenants des fiches en bristol, du crayon et de la gomme, des machines à cames et de l'ordonnancement d'atelier sur tableaux à ficelles n'ont pas réellement perdu face aux virtuoses du clavier :
Ils ont tout simplement abandonné le terrain pour une retraite méritée.
Car l'accueil nécessaire de nouvelles générations de Bac Pro, BTS et ingénieurs a imposé l'intelligence virtuelle à tous les niveaux de l'industrie mécanique.
Aujourd'hui, tout se crée, se programme et se simule sur écran, souris en main.
Depuis la conception jusqu'à la maintenance des produits, en passant par le prototypage, l'ordonnancement, l'usinage, le montage et toutes les simulations afférentes, chaque étape de la vie d'une pièce composante et, à plus forte raison d'un ensemble composé, est marquée par l'utilisation d'un logiciel dédié.

Le Product Life Management – ou gestion de vie des produits – prend de plus en plus de place dans les entreprises maîtresses d'œuvre. Mais c'est aussi toute la chaîne de fabrication extérieure qui est concernée, avec une entreprise étendue de plus en plus large. Les sous-traitants en mécanique industrielle s'inscrivent dans cette tendance, avec une progression très nette du nombre de terminaux informatiques intégrant des outils logiciels tant en CAO qu'en FAO.
Non seulement ces outils leurs permettent d'accélérer considérablement les processus de programmation, mais ils assurent de plus en plus la simulation des opérations d'usinage, établissant parfois un devis pour la pièce en question.
Cette intégration croissante de l'outil informatique apporte également un atout formidable, rarement mis en avant par les entreprises : Il a changé radicalement les conditions de travail dans l'industrie mécanique.
Mais le dit-on suffisamment ?
Tout le monde se plaint des difficultés de recrutement de jeunes pour la mécanique, le décolletage ou les moulistes.
Mais qui va démontrer aux parents, aux professeurs, aux élèves des collèges et des lycées que la mécanique offre l'opportunité de pratiquer des métiers motivants avec des technologies d'avant-garde ?
Pourquoi ne va-ton pas leur dire qu'une machine-outil d'aujourd'hui devient intelligente et se conduit d'abord avec une souris, un écran et un logiciel ?
Pourquoi ne met-on pas en avant – dans le grand public – les progrès très importants de l'intelligence artificielle pour redorer le blason des métiers de la mécanique ?
Car si l'intelligence artificielle a changé nos métiers, c'est aussi pour permettre aux générations de l'écran, de la souris et des logiciels d'en assurer la pérennité.
En même temps que leur avenir.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 850 du 30/04/07, page 3.
Copyright SOFETEC 2007 - 2012