Edito du numéro 856 du 28/09/07
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Le temps des meilleurs coûts

La tendance s’est d’abord manifestée en Suisse, a suivie en Allemagne et s’installe aujourd’hui en France :
Comme un retour de balancier, les acheteurs de pièces mécaniques reviennent progressivement à des critères d’achat plus sains. Ils apprécient à nouveau l’attrait du juste équilibre entre le prix, la qualité et les délais que l’on trouve en France. Beaucoup de donneurs d’ordres se sont enfin rendus compte du coût réel de leur politique d’achat en pays low-cost : les moules chinois retouchés à prix d’or, les pièces fabriquées en catastrophe car bloquées sur un bateau, les pannes d’ensemble onéreux pour la défaillance d’un composant copié, la sécurité d’approvisionnement parfois mise en cause par un fournisseur lointain, les brevets détournés et le savoir-faire de proximité menacé.
Aujourd’hui, les entreprises françaises apparaissent en bonne place dans la productivité et poursuivent leurs efforts d’investissement pour répondre à une demande grandissante.

Elles le font pour obtenir le meilleur coût
de production, celui qui maintient la compétitivité du donneur d’ordres, tout en garantissant la qualité du produit et sa livraison juste à temps.
Une nouvelle confiance devrait pouvoir s’installer entre donneurs d’ordres et sous-traitants de l’hexagone, mais aussi entre vendeurs de machines-outils et investisseurs, entre fournisseurs et acheteurs industriels. Enfin, entre tous ceux qui veulent assumer leurs responsabilités à long terme.
Car il restera toujours une catégorie qui préfère les « bons coups » aux meilleurs coûts. Ceux-là, toujours prêt à tirer sur les prix au détriment du reste, s’interrogent ensuite quand leur machine est en panne, lorsque le service n’est pas rendu, ou quand fournisseurs et clients leur tournent le dos.
De tels agissements devraient appeler au boycott de ces pratiques.
Ils déshonorent aussi bien ceux qui les imposent que ceux qui les acceptent.
L’histoire des plus grandes sociétés manufacturières démontre que la réussite passe toujours par un bon équilibre entre le souci de produire à moindre coût, de garantir une bonne qualité et de tenir ses engagements de délai, dans le respect de ses partenaires.
Aujourd’hui, un investissement constant dans les machines les plus automatisées, les outils les plus performants, permet de baisser les prix, d’aller vers le zéro défaut et de réduire les délais.
Le temps des meilleurs coûts est venu, celui des brocanteurs de la mécanique devrait disparaître.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 856 du 28/09/07, page 3.
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