Edito du numéro 858 du 31/10/07
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Dans la même gamelle

L’exposition mondiale de la machine-outil existe pour démontrer aux professionnels du secteur les avancées technologiques proposées par les constructeurs.
Si l’EMO de Hanovre fut une réussite dans ce sens, elle n’a pas témoigné d’une révolution fondamentale dans la manière de construire les machines-outils.
C’est plus d’évolution continue dont il faut parler.
Automatisation croissante, vitesses de coupe à la hausse, garantie de la qualité à tous les niveaux prédisent la venue prochaine de la machine, voire de l’usine entièrement automatique.
Les technologies sont là, et la compétition grandit pour motiver l’énergie et l’intelligence nécessaire à de telles conceptions.
Pour inventer ce futur de la machine-outil, il faut avoir une taille mondiale, une surface financière large et stable et disposer des moyens humains et techniques d’une R&D universelle.


L’une des grandes tendances de l’EMO de Hanovre allait dans ce sens, pour créer le constructeur idéal, capable d’une telle énergie et de rassembler de telles compétences.
On pouvait constater au travers de la surface de certains stands cette course au gigantisme des constructeurs généralistes. Parallèlement, l’exposition bruissait aussi des échos de rachats, fusions et autres acquisitions des uns par les autres.
D’un autre côté, le marché mondial de la machine-outil n’est pas extensible et, même s’il connaît une croissance honorable ces dernières années, son régime de croisière est plus près des 5% que des 10% à 20% nécessaires à la croissance harmonieuse de tous les acteurs.
Tous ces grands constructeurs généralistes ne vont donc avoir d’autres solutions que de se disputer les mêmes marchés, préservant leur gamelle et mangeant dans celle de leurs voisins. Dans ce combat planétaire, que va-t-il rester aux autres ?
Hormis quelques constructeurs de niches qui n’attirent pas l’attention, les constructeurs de taille moyenne, jouant à cloche pied sur un seul marché, n’auront d’autres choix que d’être excellents, de se faire racheter ou de disparaître.
Qu’on soit grand ou petit, gros ou maigre, l’excellence d’aujourd’hui doit être commerciale, technique, humaine et ce, sur tous les marchés du monde.
Et même si la gamelle est plus grande, elle ne nourrira que les meilleurs. Reste aux investisseurs de deviner lesquels.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 858 du 31/10/07, page 3.
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