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Michel Pech Directeur de publication délégué |
L’humilité au service de l’ambition
A lire les définitions de l’humilité et de l’ambition, il semblerait qu’elles soient antinomiques, pour le moins très différentes. Et pourtant, dans une activité professionnelle en général et celle des métiers de la mécanique industrielle en particulier, elles se révèlent très complémentaires. Effectivement, lorsqu’une entreprise ambitionne de se hisser parmi les premières de son secteur, il est toujours bon qu’elle fasse preuve d’humilité devant la tâche à accomplir. La preuve en était faite lors des journées Intercut, durant lesquelles professionnels et chercheurs du meilleur niveau se sont rencontrés pour échanger leurs expertises au sujet des paramètres de coupe. Alors que chacun était sûr de son savoir-faire en la matière, au début des conférences, tous ont mesuré l’étendue des progrès qui peuvent encore être accomplis individuellement et collectivement, afin d’être encore plus productifs, plus précis, plus rapides.
Car le métier d’usineur, loin d’être figé dans un schéma universel, évolue en permanence dans chacune de ses composantes. Ainsi, le couple outil-matière démontrait toute sa force d’innovation, après plus de 20 ans d’existence et certaines moues dubitatives. Ainsi, toute la chaîne d’un usinage réussi – ou raté – prouve-t-elle l’importance de chacun de ses paramètres et de leur interactivité. Que ce soit l’outil lui-même, la matière, la géométrie de la pièce, son moyen de serrage, la lubrification, la machine ou la programmation, chaque élément influe sur les autres. Il faut alors beaucoup d’humilité aux responsables des méthodes et moyens de fabrication, pour remettre leurs propres connaissance en cause et accepter d’apprendre toujours les améliorations possibles que d’autres ont pu déjà découvrir. Il faut aussi une certaine dose d’humilité aux chercheurs qui étudient un paramètre à la fois dans des conditions souvent optimales, pour écouter ces industriels qui produisent des millions de pièces bonnes avec autant d’inconnues. Il en faut encore aux journalistes, lorsqu’ils arpentent ateliers, expositions et conférences pour découvrir toutes les solutions, puis décortiquer les plus insignifiantes et en démontrer tout l’intérêt. C’est seulement ensuite que tous, nous pouvons avoir l’ambition d’extraire la substantifique moelle de nos expériences et découvertes conjuguées. L’humilité devant les connaissances à acquérir sert alors l’ambition de positionner la mécanique industrielle française devant toutes les autres, ensembles. Et là, ça vaut le coup d’être tous très ambitieux.
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