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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Question de pénibilité
Le conflit récent a certes appauvri les grévistes, mais les travailleurs et employeurs de l’industrie en ont également subi largement les conséquences. Tout en soutenant le droit à l’expression, vital pour la démocratie, constatons que le débat fut plutôt confus sur les tenants et aboutissants de ces perturbations. Les trotskystes notamment, brouillent l’écoute du plus grand nombre, en voulant d’abord la mise à bas du système, plutôt que la construction d’avancées concrètes. Pour ceux qui veulent plus sérieusement construire un avenir économique viable, examinons le fond de l’affaire avec sérénité. D’une part l’inégalité des montants et de la durée de cotisation de ces régimes ne sont plus supportables par les autres, à très moyen terme. Dans un système solidaire, il parait normal que tous soient assujettis aux mêmes conditions de départ et de cotisation que le régime général, sans exception.
D’autre part, il convient de reconnaître la pénibilité physique ou psychique de certaines tâches et travaux, afin de les compenser ou les faire diminuer. Pour cet aspect des choses, l’expérience dans tous les métiers de la métallurgie peut apporter beaucoup. L’objectif ultime consiste toujours à supprimer les causes des difficultés ou/et de la dangerosité du travail, pour celui qui l’accomplit aussi bien que pour son entourage. Cela doit être fait dans le dialogue, métier par métier, en fonction des conditions techniques et économique propres à chacun d’entre eux. Dans la métallurgie, ce sont les progrès techniques, l’investissement dans l’automatisation, les procédés de contrôle et, surtout, la formation, qui ont permis de diminuer les accidents du travail et d’augmenter la durée de vie moyenne. L’effort doit se poursuivre. Pour autant, l’automatisation n’a pas enlevé d’emploi, mais les a déplacés vers des qualifications de plus haut niveau, de meilleure formation et meilleur salaire. Pour preuve, dès aujourd’hui et dans les prochaines années, la métallurgie a et aura besoin de plusieurs milliers de professionnels confirmés. Ces solutions existantes et appliqués dans les ateliers peuvent servir d’exemple à bien d’autres entreprises. Dans ces entreprises, employeurs et syndicats responsables s’appliquent chaque jour à trouver des solutions pour améliorer quotidiennement les conditions de travail, sans provoquer de nuisance à leur clientèle. On peut penser qu’il en sera dorénavant de même dans les métiers du rail, les cheminots ayant pris conscience qu’entre le trotskysme et les « usagers », ce sont ces clients-là qui les font vivre. Ils méritent aussi le respect pour la pénibilité de leurs trajets en ce mois de novembre. Eux, ne peuvent malheureusement pas la négocier.
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