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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Raison garder
L’Histoire donne souvent un nom à ses périodes caractéristiques, mais toujours à postériori. Ainsi, les Trente Glorieuses n’ont-elles reçues cette appellation qu’à la fin des années 70, lorsque la 1ère crise pétrolière marqua les débuts d’une période plus incertaine. Traverserions-nous actuellement les Quarante Pleureuses ? On pourrait le croire tant la confiance s’est dégradée et la méfiance s’est installée, depuis une trentaine d’années. L’industrie n’attire plus – sans parler de l’agriculture ni du bâtiment –, les services ne créent pas de plus-value et la finance n’en finit pas de se tromper. Cédant à un penchant, hélas trop naturel, pour le morbide, les médias grands publics annoncent systématiquement les mauvaises nouvelles, ne parlant que rarement des réussites. Ainsi, les économistes les plus distingués annoncent-ils régulièrement – depuis 1974 – la plus grande récession à venir, sans que celle-ci ne se manifeste vraiment.
Ce sont d’ailleurs les mêmes qui décernaient les indices de fiabilité de placements récemment pulvérisés par les subprimes. Dans notre secteur, on n’entend parler du travail du métal que pour annoncer la mise à mal d’un site métallurgique ou celle d’une entreprise pressurée par des actionnaires avides. Ce concert pessimiste ne reflète pourtant que la surface des choses, masquant une réalité plus profonde, qu’il faut trouver sur le terrain. Car dans le monde de la mécanique industrielle, la France semble avoir mangé son pain noir. Elle possède aujourd’hui un grand savoir-faire, des donneurs d’ordres de taille mondiale en automobile, aéronautique, ferroviaire, maritime ou énergie et un tissu de sous-traitance compétitif. Sujet premier de cette édition avec le salon Simodec, le décolletage est un exemple de ce paradoxe entre l’image que l’on montre de l’industrie et sa réalité. On parle beaucoup des 4 ou 5 sociétés dont les actionnaires successifs ont sucé tout le sang, mais on évoque moins les 400 ou 500 autres qui investissent, innovent, avancent, exportent. Car l’effort d’investissement constant que font ces décolleteurs-là leur permet de remporter des succès sur tous les marchés, grâce à la qualité de leurs productions, aux délais qu’ils savent tenir et à leurs coûts compétitifs. Dans le décolletage, mais aussi en mécanique générale, de production et de précision, 2007 a vu le retour de production délocalisés en pays low-cost, en raison du manque de fiabilité de fournisseurs trop lointains. Alors, devant la réalité de ce terrain là, il faut raison garder et placer sa confiance dans de vraies valeurs : L’investissement dans le travail et l’ingéniosité industrielle des hommes. Avec Mach’Pro découvrez les dans ce numéro et sur le Simodec.
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