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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Il est toujours temps
Cette édition et son guide sur les aciers constituent une excellente occasion d’évoquer le développement durable pour les métiers de la mécanique industrielle. Il faut reconnaître que, dans les entreprises du secteur, la plupart des dispositions à caractère écologique ont été prises sous la contrainte. Comité d’Hygiène et Sécurité, réglementations européennes diverses, obligations de traitements des déchets apparaissaient alors comme des entraves à la compétitivité, plus que le devoir de toute entreprise citoyenne. Pourquoi ne pas les transformer en opportunités ? Le prix des matières premières, depuis le pétrole jusqu’aux métaux les plus divers, incitent à l’analyse croissante de postes de dépenses auparavant ignorés. Le coût des transports renchérit l’importation en provenance des pays low-cost, déjà pénalisée par de longs délais et une médiocre qualité. De plus, la traduction croissante des activités humaines en émanation de CO2 met un poids supplémentaire sur les achats dans les pays éloignés.
Ces premiers signes positifs renforcent la compétitivité écologique des entreprises françaises. Ils peuvent être transformés en avantages décisifs pour que la mécanique industrielle hexagonale devienne un nouveau modèle de développement économique. Un premier principe simple consiste à ne laisser sortir aucun déchet de l’entreprise qui, au minimum ne doit rien coûter et au mieux doit rapporter de l’argent. Copeaux triés et compressés, lubrifiants recyclés, outils carbure vendus au poids, énergie des machines servant au chauffage l’hiver, apportent déjà quelques solutions. D’autres voies passent par une stratégie à plus long terme, basée sur un effort important d’imagination et de concertation. Par exemple, développer le travail collaboratif à distance permet de limiter les déplacements et leurs émissions polluantes. La robotisation des moyens de production, en favorisant les tâches humaines de conception et de gestion ouvre aussi des portes dans cette direction, avec plus de travail à domicile. Pendant que les robots travaillent à l’usine, les hommes peuvent les gérer à distance, concevoir d’autres cellules, effectuer des tâches administratives, commerciales ou managériales depuis leur PC. Certes, cela demande un peu plus d’effort d’adaptation des différents statuts sociaux actuels. Mais, en cette période d’anniversaire de mai 68, rappelons-nous que l’imagination devait alors prendre le pouvoir. Le temps est venu d’appliquer l’esprit de cette maxime, si ce n’est la lettre, pour un avenir toujours plus constructif.
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