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27/10/08

Dynamique de groupe

Le nombre de moulistes français a considérablement diminué durant la dernière décennie. Ceux qui restent doivent leur survie et leur développement à l’investissement constant dans les dernières technologies de fabrication, à une organisation d’entreprise performante et une qualité de travail du plus haut niveau. Dans ce cadre, voici une nouvelle preuve que mouliste français et entreprise dynamique sont des termes hautement compatibles.

Constitué de trois sociétés indépendantes autour d’un pôle commercial et techni-que – doté d’un bureau d’études –, le groupe Zedes 5a;980° rassemble SMBV, Sofim et Zanardi Frères. L’affinité entre les dirigeants a rejoint la nécessité d’être plus fort ensemble pour que ces entreprises familiales mettent leurs ressources et leur savoir-faire en synergie positive. Avec 45 personnes et 6 millions d’Euros de CA, le groupe Zedes sait proposer au marché international l’étude et la fabrication de moules complexes ou non, de grande qualité à des prix intéressants, avec une réactivité optimale. Une politique commune d’investissement permet aux trois entités de parler d’une seule voix aux fournisseurs de machines-outils. Pour cela, l’échange d’expérience évite les tâtonnements inutiles et les erreurs coûteuses.

Une visite chez Zanardi frères est édifiante à ce sujet.

Rester unique en étant multiple
Zanardi Frères apparait au premier abord comme l’un des moulistes typiques de l’Ain. Fondé en 79 par 2 frères, Bruno et François Zanardi, il se développe sur un marché porteur jusqu’au début des années 90. L’arrivée de Vincent Zanardi, fils et neveu des fondateurs va permettre le départ progressif de ceux-ci en retraite. La différence avec d’autres moulistes, Vincent Zanardi va la marquer dès 95, imaginant avec des amis moulistes le groupe Zedes comme une interface commune avec le marché, les compétences plurielles devant rester uniques. Dans chaque société, le dirigeant est effectivement indépendant et libre de ses décisions. Mais celles-ci sont examinées, discutées et prises dans le sens de l’intérêt commun. Ainsi, le parc-machines apparait-il comme une seule force de fabrication, capable de répondre aux besoins les plus divers et les plus complexes, avec la meilleure réactivité. Zanardi s’inscrit pleinement dans cette politique, qu’il soutient avec une moyenne de 10% du chiffre d’affaires annuel en investissement machines. Avec 13 personnes, Zanardi réalise 2 millions d’Euros de chiffre d’affaires. La politique d’investissement commune au groupe est clairement énoncée : « Nous investissons dans des machines très fiables, qui n’ont pas besoin de SAV. » nous dit cet entrepreneur pragmatique. Lui et ses associés constatent que, lorsque des machines ont besoin d’un SAV important, c’est qu’elles présentent un grand risque d’être arrêtées trop souvent. Logique. C’est pour cela que, entre autres, les derniers investissements se sont portés sur une rectifieuse plane Lipemec (A.981) P600 et sur une érosion par enfonçage Sodick (A.982). « Dans le groupe, une dizaine de rectifieuses Lipemec sont passées dans nos divers ateliers. Nous avons tous constatés la fiabilité et la précision de ces machines, d’un constructeur français, qui plus est. Leur proposition d’une évolution vers la commande numérique ne pouvait que nous séduire, » explique Vincent Zanardi. Une analyse succincte de cette stratégie d’investissement peut servir d’exemple.

Innover en restant pragmatique
Outre la fiabilité, le choix d’investissement vise avant tout à fabriquer les bonnes pièces au bon moment et au meilleur coût. Cela paraît une évidence, que pourtant beaucoup d’acheteurs oublient en misant tout leur raisonnement sur le prix : Une machine arrêtée, qui ne remplit pas sa fonction ou mal coûte de l’argent ; une machine produisant régulièrement, avec la précision demandée, sans attention particulière en rapporte. Chez Zanardi, la rectifieuse plane Lipemec en est un bel exemple, en permettant aux compagnons de l’atelier de préparer leurs blocs en temps masqué. Spécialement conçue pour la
rectification précise des surfaces planes de grandes dimensions, le modèle P600SE, aux dimensions 600 x 400 mm, apporte à l’opérateur toute la flexibilité nécessaire pour l’usinage série. Cette machine plus automatisée, est livrée avec un équipement de base très complet, notamment un dispositif numérique de plongée automatique cyclée qui est développé avec une cinématique de contrôle de dernière génération. « L’aspect pratique de la CN et l’accessibilité de la machine nous ont convaincus, outre la fiabilité et l’excellence des relations que nous entretenons avec Lipemec, » indique Vincent Zanardi. Côté érosion, la machine d’enfonçage AG55L de Sodick a remporté le marché grâce à son taux moyen de panne des plus bas, mais aussi grâce à ses moteurs linéaires. Utilisant un diélectrique Oelheld (A.983), la technologie permet un usinage sans défaut et pourtant sans arrosage sous pression : les pulsions d’usinage instantanées suppriment ce besoin. En érosion par fil, 2 Fanuc Robofil (A.984) alpha 1ic et 0iB apportent, pour leur part, une grande fiabilité en enfilage automatique et un taux de panne nul. En 20000 heures de fonctionnement, seule la lampe au néon d’éclairage a dû être changée. Le fraisage est assuré par des centres de fraisage UGV d’origine italienne, les machines Paventa (A.985).

Dotées de broches Omlat (A.986) d’une puissance de 16 et 18 kW pour 16000 et 24000 t/mn, ces machines apparaissent comme très rigides et très rapides, grâce à leur CNC Selca (A.987), fabricant italien de CNC UGV du groupe Heidenhain (A.988). « Là encore, c’est une visite chez le constructeur qui nous a convaincu de la fiabilité de ces machines, » dit Vincent Zanardi. « Une machine en cours de construction révèle ses défauts, mais aussi ses qualités, et nous ne nous sommes pas trompé dans cette estimation des machines Paventa » confirme ce professionnel de la mécanique.

Le bon sens est dans l’atelier
Loin des discours théoriques sur le management, Vincent Zanardi et ses collègues patrons des entreprises du groupe Zedes démontrent par leur bilan qu’il est possible d’être un mouliste rentable en France. Si les profits restent modestes, ils sont pérennes et participent à la vie économique et sociale de toute une région. Car ils sont basés avant tout sur la compétence et le bon sens des hommes, qui savent que les meilleurs ouvriers doivent toujours avoir les meilleurs outils. C’est d’abord ça, la dynamique de ce groupe.

Au Bureau d’Etudes et de programmation, 5 postes équipés de logiciels WorkNC de Sescoi (A.989), permettent de récupérer tous les fichiers CAO du marché, puis de programmer en 4 axes positionnés ou pour l’érosion par fil avec le logiciel Missler (A.990) TopWire.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 876 du 27/10/08, page 25.
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