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Michel Pech Directeur de publication délégué |
C’est toujours le bon moment
A force d’entendre des informations toutes plus pessimistes les unes que les autres, même les gens en bonne santé se croient malades. Pourtant, la croissance régulière des trente glorieuses a depuis longtemps cédé la place à l’incertitude, plus ou moins grande suivant les périodes d’activité intenses et d’autres moins fastes. Chacune d’entre elles a ses avantages et ses inconvénients. Lorsque la charge de travail semble diminuer, c’est peut-être que le temps est venu de marquer une pause et de se poser les bonnes questions. Il est surtout important de trouver les bonnes réponses. La technologie a considérablement évoluée au cours des dix dernières années, et va continuer à le faire. Il suffit de lire cette édition consacrée à la mécatronique présentée sur le salon SCS Paris, pour en mesurer la portée, non seulement sur la performance, mais aussi sur l’organisation des entreprises.
L’automatisation, la communicabilité des machines, l’intégration logicielle laissent imaginer dès aujourd’hui ce que peut être une entreprise de fabrication demain. Qu’elle produise des voitures, des montres, des outils ou des moules, qu’elle travaille en sous-traitance de décolletage ou pour la fabrication de prototypes, l’entreprise de fabrication mécanique sera de plus en plus automatique. Les professionnels deviendront des gestionnaires de systèmes mécatroniques complexes, aidés par des experts en travail des métaux d’une part et des intégrateurs hydro-électro-mécaniciens d’autre part. Cette tendance est déjà visible dans les domaines les plus compétitifs. Elle mettra sûrement une génération à s’imposer dans tous les pays industrialisés. Il faudra encore quelques crises pour que l’industrie dite traditionnelle lui laisse complètement la place. C’est donc bien dès aujourd’hui qu’il faut savoir comment s’inscrire dans cette voie de progrès inéluctable. Demain, les avions, les autos, les instruments ménagers, montres, meubles et autres objets usuels seront toujours nécessaires à la vie de tous les jours. Mais ils seront fabriqués différemment, par des industriels qui auront su adapter l’organisation de leurs ateliers, la compétence de leurs professionnels et su investir dans les bons outils de travail. Pour construire cet avenir, la veille technologique, une vision globale du monde industriel et une bonne dose d’anticipation des événements sont indispensables. Les ralentissements d’activité sont d’excellentes occasions de prendre le temps nécessaire à cette réflexion, afin de préparer son action future. Car c’est toujours le bon moment de voir plus loin que l’horizon immédiat.
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