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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Redonner l’envie
Quel que soit notre optimisme naturel, il est difficile aujourd’hui de dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes économiques. Cependant, au-delà d’un ralentissement de l’économie mondiale qu’on ne saurait nier, une crise de confiance plus subjective en accentue les effets. Si l’on ne peut pas grand-chose sur la première, il est possible de combattre la seconde à différents niveaux. Tout d’abord, constatons que notre pays bénéficie d’atouts forts qui lui permettent de mieux résister que d’autres : Une monnaie à l’échelle européenne et une protection sociale forte amortissent déjà le choc. Une économie équilibrée entre agriculture, industrie, TP, tourisme, finance et immobilier permettent de mieux en répartir les impacts. Les secteurs français de l’automobile, aéronautique, énergie, ferroviaire eux-mêmes font partie des premiers mondiaux. Mieux, les leçons de la crise devraient inciter les grands donneurs d’ordres à retrouver le chemin de la sous-traitance française. Coupable de non qualité, de non respect des délais, d’appauvrissement technique et financier du pays, la mode de la délocalisation est condamnée fermement par le plus grand nombre. Alors que les sociétés gérées par des fonds de pension américains s’effondrent, de nombreuses PMI familiales restent solides, parce que plus légères, plus réactives, plus inventives.
C’est donc à chaque niveau qu’il faut redonner l’envie d’inventer l’avenir industriel de notre pays. Que les dirigeants salariés des grands groupes oublient leurs émoluments pharamineux, pour enfin montrer l’exemple de la solidarité, leur sens de la culture d’entreprise, leur respect de tous ces échelons qui les font vivre. Que les entrepreneurs familiaux définissent et explique la stratégie qui va porter leur entreprise au-delà des perturbations. Qu’ils sachent motiver chacun à se dépasser, en lui donnant les moyens les plus récents, la meilleure formation et le cadre de travail le plus agréable possible. Le temps du profit à tout prix est fini. La création d’une véritable plus-value se fait dans les ateliers, jamais à la corbeille de la Bourse. Le temps d’un juste gain pour un travail honnête et consciencieux est revenu. Alors, messieurs, les responsables politiques, économiques et syndicaux, redonnez à tous envie de le faire. Ensemble.
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