Edito du numéro 884 du 30/03/09
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Solidaires et responsables

L’édition 2009 du salon Industrie Lyon vient de fermer ses portes. En surprenant plus d’un, sa fréquentation s’est révélée égale à celle de l’édition 2007. Mais les conversations et l’ambiance générale étaient fondamentalement différentes, marquant les changements en train de toucher l’industrie mécanique. Le plus optimiste des observateurs ne peut nier les bouleversements que va connaître l’offre et la demande dans le domaine de la sous-traitance et de la fourniture industrielle d’abord, des équipements de production et de la machine-outil ensuite. Les premiers regroupements ou rachats annoncés lors du salon présagent de nombreux autres à venir dans l’année.

Les incertitudes soulevées par ces mouvements sont toutefois compensées par l’apparition de nouvelles valeurs de solidarité interprofessionnelle. Une preuve en était apportée par « le village gaulois » initié sur Inter’Outil Expo.

Les fournisseurs d’outils, carburiers, constructeurs d’équipements rassemblés volontairement sur cet espace ont enregistré 400 visites en quatre jours d’exposition. Certes, tous ne sont pas consommateurs de chaque produit proposé ici. Mais tous furent intéressés par une offre cohérente, complémentaire, même si elle était parfois concurrente en bordure de certaines gammes. Côté machines-outils, les importateurs qui resserraient les rangs affichaient également le plus d’optimisme. Tous ceux qui ont su communiquer avec leur marché, en tenant compte des réalités de la demande mais sans céder à la guerre des prix, en ont retiré des effets positifs. Côté visiteurs, de plus en plus d’investisseurs potentiels privilégient un partenariat à long terme plutôt que des « coups » ponctuels. Ils savent qu’en soutenant leurs fournisseurs d’outils, de machines et d’équipements, ils consolident la base de leurs gains futurs de productivité et de compétitivité. Ainsi, plus que jamais, la sagesse populaire a raison de dire que tout ce qui ne tue pas renforce. Sans nier l’évidente dépression traversée par les métiers de la mécanique aujourd’hui, il est possible d’affirmer qu’une nouvelle maturité industrielle est en train d’éclore. Socialement plus responsable, répondant à des besoins de justice et de solidarité plus forts, la nouvelle génération d’industriels et de fournisseurs construit son expérience pour sortir renforcée de ce passage difficile. Les valeurs de respect entre donneurs d’ordres, sous-traitants, fournisseurs, banquiers et autres partenaires pourront alors faire à nouveau la force du tissu industriel français.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 884 du 30/03/09, page 3.
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