Edito du numéro 894 du 30/10/09
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Encore un bel avenir

L’EMO de Milan a fermé ses portes sur un bilan en demi-teinte : Alors que certains exposants annoncent des ventes encourageantes, beaucoup d’autres ont reçu des visiteurs avec des projets, certes, mais moins nombreux qu’à l’édition précédente (2003).
Tous se posent de nombreuses questions quant à l’avenir de la machine-outil, face à la montée des véhicules électriques et autres solutions dites « écologiques », visant notamment à remplacer la propulsion thermique dans le secteur automobile. Il faut raison garder.
Selon une étude allemande, les projets des constructeurs automobiles concernent effectivement de plus en plus de solutions alternatives, notamment électriques.
Mais cette étude souligne que seuls 20% des véhicules seront concernés, et dans une dizaine d’années seulement.
De plus, les véhicules électriques posent aussi quelques problèmes écologiques.

Car, ils nécessitent également une énergie électrique pour leur charge. Nucléaire ? Solaire ? Eolienne ? D’autre part, qu’advient-il du recyclage des composants des batteries ? Les réserves de lithium, essentiellement situées en Amérique du Sud, sont-elles inépuisables ?
Les 80% de véhicules à propulsion thermique restant devront aussi être plus performants. L’accroissement de leur motricité, la suppression des frottements, le contrôle mécatronique des mouvements et toutes autres améliorations impliqueront des composants mieux conçus, plus légers, plus précis, mieux finis. Ils devront être usinés avec beaucoup plus de soin, mais aussi plus rapidement afin de diminuer leurs coûts.
En parallèle, les prothèses médicales, l’horlogerie, le ferroviaire, l’aéronautique ou l’énergie, pour ne citer que ces secteurs, auront toujours besoin de machines-outils de plus en plus précises, de plus en plus rapides, finissant des pièces bonnes dès la première fabrication.
Toute cette valeur ajoutée, notre vieux pays industriel en possède toujours la maîtrise, au travers de son tissu de PMI familiales, d’entrepreneurs dynamiques, de donneurs d’ordres d’importance mondiale.
Alors, pour la prochaine décennie et plus encore, on aura toujours besoin de machines-outils de petites, moyennes et grandes tailles.
Il faudra simplement qu’elles offrent les capacités de réaliser concrètement l’évolution de tous ces composants mécanique et mécatroniques. Il faudra aussi qu’elles soient accompagnées d’un véritable service technique, apte à en extraire le meilleur à chaque instant, tout le temps. Alors oui, la machine-outil et les techniques de travail des métaux et autres matériaux dits « exotiques » ont encore un bel avenir devant elles. Il sera construit par des professionnels, pour des professionnels.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 894 du 30/10/09, page 3.
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