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29/01/10

Le tolérancement inertiel recentre la production

Les méthodes traditionnelles de calcul des tolérances génèrent des incohérences dans les relations entre les donneurs d’ordres et les fournisseurs. Le nouveau mode de calcul des tolérances développé par Maurice Pillet, de l’Université de Savoie, utilise les statistiques pour garantir au moindre coût la conformité du lot de pièce, l’assemblage et la fonctionnalité du produit final.

Surcoûts de production, coûts de non-qualité, restrictions non-fondées en conception : les inconvénients des méthodes traditionnelles de calcul des tolérances, que ce soit en méthode arithmétique ou par les statistiques quadratiques, montrent de plus souvent leurs limites dans les contextes de productions actuels.
Depuis septembre 2009, un nouveau mode de calcul a été normalisé à l’initiative du pôle de compétitivité Arve Industrie, avec la collaboration du Centre technique de l’industrie du décolletage (CTDEC) et de l’Union de Normalisation de la Mécanique (UNM). Le tolérancement inertiel, développé au sein de l’Université de Savoie par Maurice Pillet, porte désormais le code NFX 04-008.
Ce mode de calcul statistique des tolérances permet une baisse des coûts de production en autorisant une plus grande dispersion sur les statistiques fonctionnelles élémentaires spécifiées du lot de pièces fabriquées.

Conformité surcotée
Le mode de calcul arithmétique, dit « mode pire des cas », amène souvent à demander une qualité très supérieure aux exigences fonctionnelles des pièces comme de l’assemblage final.

De ce fait, le fournisseur produit des pièces qui sont toutes conformes aux cotes demandées, mais, les tolérances étant très serrées, le coût de production est élevé. Pour le client, la fonctionnalité est assurée mais la sur-qualité de chaque pièce pèse sur son produit. Le tolérancement inertiel permet d’assouplir les exigences de cote à bon escient et de gagner sur ce surcoût. En mode quadratique, on élargissait déjà les tolérances pour abaisser le coût de production, mais l’assemblage de pièces fournisseur conformes pouvait aboutir à un produit ou un lot client non conforme ! Le tolérancement inertiel permet de maîtriser ce décentrage qui se montre très néfaste pour l’assemblage et la fonction du produit final. Comment ? En contrôlant simultanément la moyenne des résultats et leur écart-type afin de viser au plus près une cote « cible ». Ainsi, le seul respect par le fabricant de l’inertie spécifiée garantit au moindre coût la conformité du lot de pièces, l’assemblage et la fonctionnalité du produit final. La spécification d’une inertie amène par là même de la cohérence dans la chaine de fabrication et évite les coûts liés aux litiges et dérogations : le fournisseur apporte à son client des pièces conformes qui lui permettent à son tour d’obtenir des produits conformes. Cette méthode augmente les possibilités de conception tout en améliorant les performances en production, et, surtout, baisse le nombre de litige Clients/Fournisseurs. Pour que les entreprises puissent s’approprier cette nouvelle méthode de travail, le CTDEC et l’Université de Savoie ont développé des formations adaptées pour chaque fonction concernée : dirigeant, bureau d’étude, qualité, équipe de production, tous sont impliqués !

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 898 du 29/01/10, page 27.
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