Edito du numéro 899 du 15/02/10
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Le décolletage en mutation

Le décolletage
en mutation
Comme toute l’activité de production mécanique, le décolletage a subi une sérieuse baisse d’activité depuis septembre 2008. Représentant une moyenne de 60% de son marché, l’automobile en a été la principale responsable. De plus, le secteur se prépare à entrer dans l’ère de la propulsion électrique. Mais, si cette évolution est certaine, elle va prendre au moins une décennie et seulement pour une partie du parc. D’autre part, de nouveaux produits émergent rapidement, dans le photovoltaïque, l’éolien, le médical intégrant peu ou prou des éléments de plus en plus mécatronique. Dépassant aujourd’hui les difficultés conjoncturelles, le décolletage doit maintenant se préparer à la mutation structurelle de son avenir.
Les machines, les outils, les techniques et les compétences des hommes n’ont déjà plus grand-chose à voir avec le fait d’enlever le collet des vis.

Tous participent beaucoup plus à la production de pièces complexes de mécanique de précision, en lots plus ou moins importants, avec une qualité tendant vers le zéro défaut. Ce savoir-faire explique d’ailleurs la résistance à cette récession, qui fut fatale à des entreprises parfois plus importantes que les PMI du décolletage, mais moins bien adaptées à des mutations rapides. Car la taille des entreprises ne les mets plus à l’abri d’un changement à l’échelle de la planète. A contrario, la souplesse de petites structures valorise souvent mieux les compétences, en motivant davantage les femmes et les hommes dans une entreprise à dimension humaine. Mais leur surface financière les fragilise toujours, surtout face à des banquiers ayant abandonné leur sens du risque.
Alors, quelles solutions pour demain ?
La mutualisation et la fédération des connaissances ouvrent certainement la meilleure voie possible pour atteindre l’excellence au niveau mondial. Ce travail en réseau se tisse plus facilement dans un territoire riche d’universités techniques, de donneurs d’ordres internationaux, d’un tissu de PMI incomparable, entouré de bassins d’emplois hautement technologiques depuis Genève jusqu’à Saint-Etienne, de Besançon à Grenoble et de Neuchâtel
à Cluses.
Afin de continuer à étonner les élites parisiennes par sa résilience, le décolletage français peut ainsi devenir un véritable exemple industriel pour l’hexagone. Car l’industrie mécanique dont il fait partie est, et restera longtemps, le moteur de la croissance des pays qui sauront assurer leur mutation vers l’excellence.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 899 du 15/02/10, page 3.
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