Edito du numéro 903 du 16/04/10
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Se remettre en ordre de marche

Au milieu d’une année riche en salons, il convient de rappeler pourquoi les exposants, en particulier les fournisseurs de machines-outils, investissent les sommes importantes nécessaires à une exposition professionnelle.
Bien sûr, ils viennent montrer leurs nouveautés. Bien sûr, les expositions constituent pour eux une occasion unique d’échanger avec la profession. Mais leur première motivation à exposer réside dans la vente. Avec un chiffre d’affaires en baisse moyenne de 55% entre décembre 2008 et décembre 2009, et des creux de – 64% à mi-2009,
les fournisseurs de machines-outils, d’équipements, d’outillages, de logiciels ou de process ne sont pas là pour faire de la figuration. Ils veulent proposer de nouvelles solutions de production, permettant une meilleure compétitivité, apte à relocaliser les productions.

Ils viennent convaincre les investisseurs de renouer avec le succès,
en investissant dans leur futur. Contrairement à ce qu’annonce une presse non professionnelle, les vieilles machines, souvent disponibles à la suite de faillites d’entreprises, ne peuvent qu’entraîner le retard technologique et l’arriération de leurs possesseurs. Nos responsables gouvernementaux seraient bien inspirés de relancer l’investissement en France en instituant une prime à la casse des machines-outils obsolètes. En regardant le dynamisme des industriels italiens, on constate que la loi Tremonti-bis a été reconduite jusqu’en juin 2010. Initiée en 1995, cette loi autorise un amortissement accéléré sur les investissements, modulable en fonction des gains
et pertes annuelles de l’entreprise ayant investi. Les entreprises italiennes sont donc incitées en permanence à investir dans leur outil de travail en maintenant l’emploi sur place. En France, le seul signe positif enregistré dans cette direction réside dans le remplacement de la taxe professionnelle par la CET. Il serait temps de considérer l’outil de travail industriel au moins autant que l’automobile des particuliers.
Et d’envoyer les vieilles machines-outils à la casse !

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 903 du 16/04/10, page 3.
Copyright SOFETEC 2010 - 2012