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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Questions d’avenir
Cette édition est en grande partie consacrée à Micronora, XVIIIème salon international des microtechniques, côté machines-outils, logiciels et automatisation en production. Toutes les expositions professionnelles nationales et internationales constituent l’occasion de faire le point sur l’état de l’art des technologies concernées. Dans le secteur des nanotechnologies, de la micromécanique et de la mécatronique, Micronora fait référence en Europe. Confiants en l’avenir de leur profession, le profil des exposants reflètent le dynamisme des sous-traitants spécialisés. Ils montrent aussi combien ont souffert les importateurs et constructeurs de machines-outils, soumis à une pression du marché sans précédent. Les premières questions à se poser concernent donc la survie des fournisseurs d’équipements de production : Ce métier n’est-il pas en train de changer ? Des règles nouvelles ne doivent-elles pas être établies, afin de pérenniser la profession ? Peut-on à la fois lui demander des prix bas, de hautes compétences et un service gratuit ? Si les investisseurs veulent continuer à bénéficier du choix, du service et de la qualité, ils devront investir en conséquence. D’autres questions revêtent un aspect plus technologique : Le secteur de l’équipement de production européen n’est-il pas en train de prendre un certain retard par rapport aux technologies actuelles ? On n’entend toujours pas parler de puces au graphène dans l’informatique de production, alors que ce matériau a été isolé en 2004 par André Geim de l’université de Manchester.
Dix fois plus rapide que celles au silicium, les puces fabriquées dans ce composant du graphite permettent la création d’écrans souples, résistants et transparents. D’autre part, les interfaces des appareils grands publics adoptent tous, ou presque, des écrans tactiles avec une grande convivialité de déplacement des fonctions. Les interfaces-machines actuelles conservent un clavier inadapté à la culture de commande des futurs opérateurs. Verra-t-on cette révolution apparaître sur Micronora ? Enfin, la « robolution » annoncé par Bruno Bonell (créateur d’Infogrames/Atari, d’Infonie et dirigeant de Robopolis), lors des rencontres européennes de la mécatronique de juin dernier, reste timide dans l’organisation des ateliers de France et Navarre. Alors qu’elle entre dans tous les foyers japonais, qu’elle est déjà présente dans l’automobile et la domotique mondiale, que les asiatiques ne conçoivent plus une nouvelle entreprise non automatisée, la robotique reste encore anecdotique dans l’industrie mécanique française, hors automobile. Alors, oui, Micronora est le bon endroit pour se poser ces questions d’avenir essentielles. Et, surtout, pour leur apporter des réponses efficientes. Entre professionnels responsables.
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