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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Récession derrière, brouillard devant, il faut faire avec
Tous les indicateurs montrent que le plus gros de la récession est dépassée, depuis début 2010. Les entreprises de travail des métaux ont repris progressivement une charge à peu près normale. L’horlogerie, l’automobile, le médical et même l’aéronautique reconstituent les stocks qu’ils avaient laissé plonger au plus bas fin 2009. Côté fournisseurs, les spécialistes des consommables se montrent optimistes, prévoyant une année 2010 d’un bon niveau. L’investissement lourd, en machine-outil, suit avec un peu plus de peine. Corrigé des variations saisonnières, l’indicateur de consommation dans ce type d’investissement du symop (graphique) s’affranchit de la forte pause enregistrée traditionnellement en août. La tendance ainsi observée reste toujours bien orientée confirmant le maintien de la demande intérieure.
L’indice s’inscrit à 62 points, après 63 en juillet (données corrigées), et progresse de 87 % par rapport au mois d’août 2009. En glissement annuel sur 12 mois, les commandes retrouvent des niveaux comparables à ceux observés à la fin 2008. Ils sont toujours très en retrait par rapport à la tendance de longue période. Les premiers retours sur septembre vont dans le sens d’une amélioration de l’activité industrielle. Les salons Micronora de Besançon et Bi-MU de Milan confirmaient timidement ce retour à la normale, tandis que l’AMB de Stuttgart marquait une franche reprise. La dynamique allemande est en route et la France, premier partenaire de nos voisins, devrait en bénéficier rapidement. On parle déjà de pénurie de matière première et d’allongement conséquent pour la livraison de machines-outils. Les constructeurs subissent l’absence de stocks de leurs propres fournisseurs, notamment au niveau des commandes numériques. Au niveau mondial, la parité des monnaies pourrait venir perturber la reprise en train de se dessiner. En résumé, l’économie industrielle française est en train de repartir, mais sans très grande visibilité. Cela n’est pas nouveau et se produit après chaque passage fortement perturbé économiquement, depuis 1974. Tous les observateurs savent qu’alors l’attentisme propose la pire des solutions. Les entrepreneurs audacieux, aidés par des prêts soutenus par l’Etat sauront profiter des prémices de cette reprise. En automatisant fortement leur outil de travail, ils sauront aussi augmenter leur performance et positionner leur entreprise au meilleur niveau compétitif mondial.
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