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Michel Pech Directeur de publication délégué |
La bonne personne au bon endroit
Fin novembre a eu lieu le salon européen de l’Education, dont l’invité d’honneur était les Olympiades des métiers. Il y fut beaucoup question d’emplois industriels. Effectivement, la reprise montre à peine le bout de son nez que, déjà, on reparle de pénurie de main d’œuvre qualifiée. Certaines grandes entreprises françaises du roulement, de la construction textile ou du médical, pour n’évoquer que ces secteurs, ont retrouvé leur taux d’emploi intérimaire de 2008 et cherchent à embaucher plus de professionnels de l’usinage. Malgré un taux de chômage toujours élevé, cela ne semble pas simple du tout ! La première leçon de ce décalage montre que la qualification adaptée aux secteurs recruteurs est primordiale : Un bac plus 5 en sociologie rencontre plus de difficultés à trouver un emploi qu’un titulaire d’un bac productique. Un effort particulier d’adéquation entre l’offre et la demande devrait donc être fait par les orienteurs de l’Education Nationale.
Ils en profiteraient au passage pour réviser leur jugement sur les emplois industriels. Afin de les aider en cela, les entreprises pourraient ouvrir leurs portes un peu plus souvent, afin de montrer la réalité du quotidien dans une entreprise d’usinage du XXIème siècle. Aujourd’hui, les conditions de travail, de salaire et d’évolution de carrière sont beaucoup plus passionnantes dans l’industrie mécanique que dans bien d’autres métiers des services ou de la fonction publique. Le second enseignement est à chercher plus précisément dans les entreprises elles-mêmes. Effectivement, on entend souvent dénoncer les exigences trop élevées de certains DRH (Directeur des Ressources Humaines), voulant à tout prix des ingénieurs pour conduire des machines-outils, préparer le travail, programmer ou assurer le contrôle-qualité. Il en résulte un fort manque de motivation des jeunes embauchés dans ces postes, car ils ne correspondent pas à leur qualification, d’une part. D’autre part, leur formation n’étant pas adaptée à la fonction demandée, les tâches ne sont pas toujours remplies correctement. Pendant ce temps-là, les jeunes ayant choisi la voie des CAP ou BEP particulièrement adaptés au pilotage de MOCN restent au bord du chemin. Certains entrepreneurs, qui citent en exemple l’Allemagne ou la Suisse pour la qualité de leur enseignement technique, refusent paradoxalement de prendre ces jeunes en apprentissage ou en alternance. Il suffit de questionner quelques CFAI pour avoir la confirmation de cette triste situation. En conclusion de ce constat, il ne sert à rien de jeter l’anathème sur l’Etat, le système éducatif ou sur les entrepreneurs. Chacun de ces acteurs, et leurs instances représentatives, doivent aller à la rencontre les uns des autres, afin d’exprimer clairement leurs besoins, d’adapter leur proposition et de faire que l’offre en professionnels qualifiés puisse enfin répondre à une demande correcte des industriels. Pour que, dans notre société, les bonnes personnes trouvent enfin leur juste place et, dans les entreprises, les postes requis soient occupés par les professionnels compétents. La compétitivité française passe aussi par là.
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