Edito du numéro 916-7 du 15/02/11
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Flux et reflux

La vie de l’humanité a toujours été soumise à des cycles de développement.
Récemment, l’industrie a connu les trente glorieuses jusqu’en 1974. Ce fut le règne des ingénieurs de production, devant approvisionner des marchés insatiables. La première crise pétrolière laissa le pouvoir aux financiers, soucieux de stocks rationalisés et de standardisation. Depuis le milieu des années 90, les acheteurs pressés imposent le diktat du low-cost, incitant à la délocalisation. Aujourd’hui, ce modèle s’essouffle face aux contraintes de livraison et de qualité.
On peut donc imaginer le prochain cycle comme celui des entrepreneurs polyvalents. Ils doivent allier la performance industrielle à la rigueur de gestion, les achats qualitatifs à la responsabilité sociétale. Dans ces conditions, la France industrielle et son tissu de PMI de sous-traitance peuvent à nouveau jouer un rôle moteur.


Tout d’abord, l’investissement dans les technologies de production les plus avancées constitue le socle de ce renouveau.
Usinage 5 axes, tournage-fraisage multifonctionnel, usinage dur, rectification grande vitesse, érosion en production, robotisation et automatisation des moyens pour une production 24h/24h sans surveillance de pièces unitaires, en petites, moyennes ou grandes séries tracent des pistes encore trop peu mises en œuvre.
Ensuite, la gestion des moyens se fait par une informatique logicielle de plus en plus intelligente et de plus en plus communicante. CAO, FAO, GPAO ou PLM, quel que soit le sigle utilisé, pénètrent tous les ateliers pour accélérer et fiabiliser les processus de production.
Enfin, la compétence des professionnels doit évoluer pour anticiper ces changements. Le début de ce cycle marque la quasi-disparition de l’OS des fonctions de production. Car les machines-outils automatisées doivent être programmées, préparées, entretenues et renouvelées par des professionnels hautement compétents, travaillant dans de bonnes conditions et percevant une rémunération en rapport.
On le voit, le challenge des nouveaux manageurs est de taille, car ils doivent aussi percevoir nettement les évolutions de leur marché, organiser un marketing international, savoir s’entourer de bons fournisseurs, s’impliquer dans la vie de leur profession et prendre le temps de vivre.
Alors, et alors seulement, les flux industriels porteront les entreprises françaises vers des horizons prometteurs.
Afin d’être prêt pour affronter le prochain reflux.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 916-7 du 15/02/11, page 3.
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