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Michel Pech Directeur de publication délégué |
Français n’est pas un gros mot
L’adjectif qualificatif « français » n’est ni plus péjoratif, ni plus flatteur qu’un autre. Il désigne simplement les personnes et les objets ayant cette nationalité ou cette provenance, suivant les règles d’attribution en vigueur. Industriellement parlant, les produits français ont longtemps été synonymes de qualité, de fiabilité, d’originalité et d’esthétique. Puis, durant les trois dernières décennies, l’idée de l’industrie a été presque abandonnée en France. L’image de la propreté et de la sécurité des services et de la finance ont alors supplanté les valeurs d’apprentissage du travail bien fait des métallos, dans l’inconscient collectif. La crise financière, la récession, la mondialisation et, maintenant, le souci croissant et pressant de développement durable démontrent à nouveau tout l’intérêt d’une industrie de proximité forte. Diversifiées, les sources d’approvisionnement de composants et pièces doivent être rapprochées des lieux de production.
La semaine de l’industrie, trop timidement annoncée, s’est déroulée en même temps que le salon Industrie Lyon. L’événement a eu tout de même le mérite d’ouvrir les portes des entreprises de mécanique industrielle au grand public. Quelques parents curieux, leurs enfants, de trop rares professeurs et d’autres non-initiés au travail du métal ont pu se rendre compte de la nouvelle réalité de ces métiers. Ces professions se pratiquent aujourd’hui dans des conditions d’hygiène et de sécurité qui n’ont plus rien à voir avec l’univers de Zola. Elles offrent des perspectives de carrière très intéressantes, tant sur le plan technique, que sur ceux du salaire ou des rapports humains. L’avenir leur appartient, car les solutions technologiques construiront l’avenir de l’humanité, avec ou sans pétrole, avec ou sans nucléaire. Alors oui, peut-être que l’initiative de la FIM va peut-être marquer la naissance d’une nouvelle idée de l’industrie française. D’autant plus que le label France recommence à prendre force et vigueur. Il était grand temps. Car si la France est tout de même restée une grande nation industrielle, c’est surtout grâce à la volonté de ses patrons, cadres et travailleurs qui, sans faire de bruit, ni manifester, ont continué à défendre le drapeau de la qualité, de la fiabilité, de l’originalité et de l’esthétique françaises. Des voitures, des avions, des trains, des centrales nucléaires, des éoliennes, des panneaux solaires, des machines, des montres, des lunettes, et bien d’autres produits macro et micromécaniques sont toujours fabriqués en France, avec l’excellence comme objectif permanent. Demain, ils peuvent signifier une nouvelle croissance pour notre pays. Alors oui, grâce à la construction d’une image positive du travail des métaux, l’adjectif qualificatif « français » peut redevenir synonyme de fierté industrielle, pour des emplois ici et maintenant. Juste çà, c’est déjà bien.
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