Edito du numéro 922 du 29/04/11
Michel Pech
Directeur de publication délégué

L’Homme et la Machine

Jules Vernes avait anticipé les réalisations du XXème siècle, Isaac Asimov nous a éclairés sur les questions que soulèverait la technologie du XXIème siècle. Comme il l’avait prédit, la machine autonome n’est plus une vue de l’esprit, mais une réalité dont la naissance est en cours.
Quand les observateurs du salon de l’automobile se posent la question d’un véhicule sans conducteur dans une dizaine d’années, ceux de la production sont en droit d’envisager un atelier de fabrication mécanique vide
de présence humaine pour la même échéance.
Les ingénieurs en maintenance mécatronique, hydraulique seront un jour les seuls à pénétrer au sein d’usines totalement autonomes. Le reste du temps, ces centres de production seront gérés par des ordinateurs surpuissants, animant les millions de mouvements d’axes de robots, convoyeurs et machines-outils nécessaires à l’usinage et au montage de biens d’équipements et de consommation aussi divers que variés.

L’activité humaine industrielle sera alors consacrée essentiellement au développement des programmes de gestion, d’animation et de régulation de ces entités de fabrication.
Dès aujourd’hui, dans ce numéro de Mach’Pro, force est de constater que la Machine dispose de tous les capteurs sensitifs nécessaires, ainsi que d’excellentes capacités logicielles d’analyse, indispensables pour agir indépendamment de l’Homme.
La compétition internationale pousse les entreprises industrielles occidentales vers ce modèle de développement.
Toutes n’y parviendront pas, mais toutes en prennent le chemin et seul l’artisanat préservera les anciennes pratiques.
L’Homme créateur doit-il pour autant avoir peur de sa création ?
Les robots présentés lors d’Innorobot tendent à persuader du contraire, par les services qu’ils peuvent rendre en milieu hostile, dans le domaine médical, en aide aux handicapés, pour les services à la personne et bien d’autres soutiens à la fragilité humaine.
La machine-outil moderne transforme et valorise considérablement les métiers de la mécanique. Grâce à des logiciels de CFAO et GPAO de plus en plus performants, la sécurité, la qualité, la fiabilité des process s’inscrit dans une démarche incontournable d’amélioration permanente.
Mais, toute invention humaine depuis la taille du silex jusqu’au feu nucléaire peut impliquer le pire ou le meilleur.
C’est donc à l’Homme de maîtriser ces développements, pour que l’outil industriel reste toujours au service de l’humanité entière.
A chacun de réfléchir pour imaginer comment.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 922 du 29/04/11, page 3.
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