Edito du numéro 932 du 30/11/11
Michel Pech
Directeur de publication délégué

Le temps des solutions offensives

On l’a vu lors du Midest, et plusieurs articles le soulignent dans cette édition : le monde de la sous-traitance a beaucoup évolué ces dix dernières années. Aujourd’hui, le niveau d’investissement en production automatisée est le même en Chine, à Taïwan ou en Inde qu’en Europe.
Devant la pression naturelle du marché du travail, les salaires de ces pays ont augmenté et leurs industriels se tournent vers l’investissement haute performance afin de préserver leur compétitivité et leurs marges.
Par exemple, plusieurs moulistes chinois investissent dans des lignes flexibles de dernière génération, réalisées par un intégrateur suisse. Cela signifie que la
sous-traitance de ces pays va être encore plus compétitive, mais cette fois-ci de manière structurelle, car elle s’approprie le meilleur de la technologie mondiale en fabrication mécanique.
Devant cette situation, est-ce que les industriels européens et français font suffisamment d’efforts d’investissement pour se maintenir au meilleur niveau ?
Est-ce que chaque sous-traitant prend bien la mesure de ce que va être son marché concurrentiel dans les dix prochaines années ?
Est-ce que les pouvoirs publics, le système éducatif et tous les acteurs influençant sur le devenir de l’industrie mécanique ont bien pris conscience des futurs défis auxquels celle-ci doit répondre, avec leur concours ?
Il semble que plusieurs réponses positives à ces questions apparaissent çà et là dans notre pays.
Ainsi, l’industrie retrouve progressivement ses lettres de noblesse auprès du grand public, les médias mettant enfin en exergue la nécessité d’une grande force industrielle pour l’équilibre économique de notre pays.
Côté formation, on voit que des classes techniques font le plein d’élèves dans les départements où les établissements scolaires, les industriels et les politiques se battent ensemble pour montrer tout l’intérêt d’une carrière dans les métiers de la mécanique.
Depuis peu, les associations professionnelles parlent enfin ensemble, agissent et donnent des moyens concrets aux industriels pour mieux se structurer, comme c’est le cas avec le fonds d’investissement du décolletage.
Ainsi, le temps des solutions offensives semble venu pour l’industrie française.

Et c’est un grand bien, car les entreprises réussissent grâce à la formation des hommes, à la transmission des valeurs créatives de l’industrie, mais aussi grâce à l’innovation et à l’investissement.

 
Extrait de l'article paru dans Machines Production 932 du 30/11/11, page 3.
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