réalisation de moules métalliques. Une TPI de l’Ain la bien compris et s’est assurée le concours d’un constructeur français afin de passer cette étape en toute sécurité.
Après une première expérience réussie comme mouliste associé à SMBS depuis 1985, Louis Berthet-Boudet a fondé Bugey Meca en 2002 dans sa commune des Granges du Poizat (01). Il s'est associé à un jeune professionnel, Frédéric Maire, venu faire un stage dans cette première entreprise. "Nous avons saisi plusieurs opportunités," explique Louis Berthet-Boudet. "La proposition d'un bâtiment communal disponible, l'achat de machines d'occasion et la complémentarité de mon expérience et des connaissances en programmation de Frédéric nous ont décidé," raconte-t-il. Leur stratégie consiste alors à s'orienter progressivement vers la réalisation de moules de tailles de plus en plus importantes, pour aller jusqu'à des formes de 2x1x1 m. Plusieurs clients les ont suivi dans cette direction, qui leur a permis d'atteindre en 2010 un chiffre d'affaires de 690 k€ et un effectif de six personnes. Mais les machines d'origine ne suffisaient plus et un nouveau pas devait être franchi. Le saut de l'UGV en cinq axes sur cinq faces a été fait le 29 décembre 2010, avec la livraison d'un centre KX40 Five 2 du constructeur lyonnais LGB.
La saga d'une décision
"Nous avons commencé notre recherche début 2009, par lecture de Mach'Pro, la consultation de sites internet et la visite du salon Industrie Lyon," explique Frédéric Maire. La rencontre avec le constructeur LGB est alors décisive. "La proximité d'un constructeur français nous est toujours apparu comme un élément important, permettant à une petite entreprise comme la nôtre de bénéficier d'un suivi de proximité," explique Louis. Les discussions s'engagent alors autour d'une KX 40 Five. Avec une structure en portique intégrant les axes YZ, l'axe longitudinal X étant sur la table, la machine supporte bien les pièces lourdes. "Le fait d'installer les 4ème et 5ème axes sur la tête constitue un élément positif, évitant de déplacer la pièce. C'est l'outil qui se déplace autour du moule et non l'inverse," souligne Frédéric. Les dimensions utiles permettent de réaliser complètement, en un seul montage, des moules aux dimensions 2x1x1 m. Le centre de fraisage dispose également d'un magasin d'outils suffisant pour réaliser complètement un moule, le contrôle par laser d'outil Blum étant un plus indéniable pour une mise en oeuvre sûre et rapide. "La broche Cytec de 35 kW nous est apparue suffisante pour réaliser les travaux de semi finition et finition, car nous avions déjà prévu de continuer à faire l'ébauche des vidages de poches sur nos anciens centres 3 axes," précise Louis. Conscients de la nécessité d'un environnement adapté, les deux associés investissent dans un banc de frettage Haimer, adoptant les porte-outils de la marque. "Le travail en 5 axes positionnés ou simultanés supprime les outils dits "cannes à pêche", source de vibration et de mauvais états de surface, inévitable en trois axes", rappellent les deux compagnons. Enfin, et ce n'est pas le moindre, le centre LGV KX40 Five 2 possède l'indispensable qualité de la compacité, permettant de loger une grande capacité dimensionnelle, dans un espace le plus restreint possible. Vu l'étroitesse du bâtiment, c'était une condition sine qua non. La décision est donc prise début 2010 d'investir dans ce centre, pour un prix tarif proche de 400 k€. "Bien que cela représente près d'un an de CA et que nous fassions ainsi un saut technologique considérable, nous n'avons reçu aucune aide," tient à préciser Louis.
Retour sur investissement mieux que prévu
En janvier 2010, le centre KX40 est livré et installé. La prise en main va prendre environ deux mois, essentiellement en raison de la mise au point du post-processeur traduisant la programmation effectuée sur logiciel de CFAO WorkNC de Sescoi vers la commande numérique Heidenhain. "La proximité et le service de LGB ont été décisif dans cette phase, afin de mettre tous les partenaires en phase avec notre demande," reconnait Frédéric. Car l'entreprise assure la conception complète des moules en CAO sur Solidworks, puis la programmation sur poste déporté avec une licence WorkNC. "Nous avons gagné au moins 50% en temps de préparation sur les machines, en passant plus de temps à effectuer cette préparation et la simulation en CFAO," explique Frédéric. Ces professionnels n'ont pas eu besoin de formation en 5 axes, car ils réalisaient déjà des formes complexes sur 5 faces, mais avec des moyens 3 axes. Pour ce faire, des tables sinus étaient utilisées, qui devaient être souvent combinées afin de réaliser la forme souhaité. "La difficulté était bien plus importante, et le stress de faire une erreur nous tenaillait à chaque outillage," se rappelle Louis. Désormais, la seule difficulté tient à la définition correcte des paramètres de coupe. Effectivement, entre l'ébauche et la semi-finition, puis la finition, les surépaisseurs peuvent être considérablement différentes. Les vitesses de coupe doivent alors être adaptées en conséquence, faute d'avoir trouvé les outils coupants supportant ces conditions. "Aujourd'hui, le centre KX40 est déjà bien chargé et commence à nous rapporter de nouveaux marchés," dit Louis. "Il nous a permis de passer l'année 2010 bien mieux que le marché le présageait. Nos clients viennent vers nous avec de nouveaux projets, sachant que nous pouvons désormais les absorber plus facilement," renchérit Frédéric. "Nous avons fait le bon choix non seulement avec la machine, mais également grâce au service de proximité que nous apporte LGB. Pour une PMI comme la nôtre, leur culture du service est vitale. Une machine arrêtée coûte de l'argent et une PMI ne peut jamais se permettre d'en perdre" conclut Louis.
Vers la prochaine étape
Ainsi, l'investissement dans l'usinage cinq axes et cinq faces se révèle porteur pour Bugey Méca, au-delà des espérances initiales. La stabilisation de la trésorerie, la recherche de professionnels compétents constituent désormais les facteurs clés du développement futur de Bugey Méca. Son avenir se prolongera sûrement dans un bâtiment plus grand, capable d'abriter l'ambition d'une nouvelle génération d'entrepreneurs. Celle consciente de la nécessité d'investir ici et maintenant pour construire un lendemain serein à nos successeurs.