résulte des gains de temps de 50%, une meilleure qualité d'usinage et de nouveaux marchés grâce à l'usinage 3D.
Située à Lorient sur le port de pêche, la société Armor Mécanique a été créée en 1984 par M. Février. Initialement entreprise de mécanique dédiée aux moteurs pour la marine, son activité a évolué au fil du temps, en raison de la réduction du volume des bateaux de pêche, vers la mécanique de précision et la chaudronnerie. En 2005, à l'heure de la retraite de son dirigeant, l'entreprise est rachetée par Franck Vincent, un homme dynamique, ouvert, gérant d'une entreprise au Mans. Cet ingénieur en mécanique de précision expérimenté – méthodes, production, management, – a su mettre en place une stratégie d'investissements matériels et logiciels permettant la conquête de nouveaux marchés.
Réorganisation complète de l'atelier
Restée au stade de l'artisanat, l'atelier n'était pas adapté à une production rationnelle, lors de sa reprise. L'objectif du nouveau dirigeant est de stopper complètement l'activité moteurs marine et de prendre de nouvelles parts de marché en mécanique à forte valeur ajoutée. Sa stratégie est d'améliorer radicalement la productivité de l'entreprise, d'aller à l'essentiel et d'obtenir un taux d'utilisation des machines optimum. Il s'attèle à une réorganisation complète de l'atelier par l'investissement en MOCN, la mise en place de moyens de manutention (ponts roulants) et d'outils logiciels performants ainsi qu'à un total réaménagement des bureaux. Entre 2005 et 2012, 80% du parc machines est renouvelé. Il est composé de 3 Centres d'Usinage, 1 fraiseuse, 4 Tours 2 axes et 1 tour par apprentissage. L'ensemble des machines est piloté par CN Fanuc. L'équipe de Franck Vincent dispose ainsi d'un seul interlocuteur, quelle que soit la machine, pour assurer le SAV des commandes numériques. De plus, en cas de besoin, les opérateurs savent piloter toutes les machines. Technicien avant tout, Franck Vincent a procédé à la réimplantation de l'atelier par îlots technologiques, aidé par Jean-Pierre Olmeda, fraiseur dans l'entreprise depuis 2000 et désormais chef d'atelier.
La FAO 3D ESPRIT pour l'usinage de formes complexes
En parallèle, l'entreprise adopte une démarche active et prospecte de nouveaux clients dans la région. Elle cible les petites séries de 1 à 100 pièces et les marchés renouvelables afin de limiter le nombre de devis et par conséquent le temps passé à les établir. Jusqu'à présent, Armor Mécanique réalisait des pièces mécaniques simples en 2D. Mais afin de répondre au besoin d'un nouveau client pour des surfaces gauches complexes, Jean-Pierre Olmeda décide d'utiliser le Centre d'Usinage et le logiciel de FAO ESPRIT de l'éditeur DP Technology dont Armor Mécanique s'est équipé il y a plusieurs années, sans jamais les utiliser. Il fait alors l'acquisition du module 3D auprès du revendeur local NC Prog pour générer les parcours d'usinage des pièces à réaliser, pièces esthétiques en accastillage – pièces accessoires de pont en tout genre : pianos, bouts dehors,..., destinées aux bateaux de plaisance et de course. Usinées dans la masse, ces pièces ne doivent pas avoir de bords saillants.
En compétition, priorité à la fiabilité des pièces
"L'activité pour le nautisme est irrégulière, explique Franck Vincent, car elle dépend des courses, ce qui est difficile à gérer. Nous travaillons toujours dans l'urgence et devons réaliser des pièces haut de gamme, très techniques. Nous sommes devenus le spécialiste du mouton à cinq pattes. Pour la compétition, ce qui compte, c'est la qualité et la fiabilité des pièces, on ne parle pas de prix." Armor Mécanique réalise des pièces d'accastillage pour Karver System et pour de prestigieux bateaux à voile tels Virbac-Paprec 3 – vainqueur à plusieurs reprises de la Transat Jacques Vabre et de la Barcelona World Race –, Banque Populaire, Groupama,... Pour piloter les machines, la licence de FAO ESPRIT est installée sur un ordinateur mis à disposition de tous. Sont disponibles les modules fraisage 2 axes, 3 axes ainsi que le tournage 2 axes. Bénéficiant d'un savoir-faire aussi bien en tournage qu'en fraisage, Jean-Pierre Olmeda utilise le logiciel en 3D et 4 axes pour les pièces complexes. Chez Armor Mécanique, les opérateurs sont de véritables artisans. Leur savoir-faire leur permet de décider eux-mêmes de la façon de faire une pièce, de la contrôler et de garantir qu'elle soit bonne, l'objectif étant de faire la pièce complète du premier coup. Tous les centres d'usinage sont programmés avec ESPRIT, occasionnellement en tournage pour les pièces gauches. Jean-Pierre Olmeda explique : "J'en avais assez de voir les opérateurs passer des journées entières à taper des programmes au clavier de la machine, notamment en tournage pour les pièces récurrentes. L'utilisation d'ESPRIT nous a apporté un gain de temps de 50%, une meilleure qualité d'usinage et l'ouverture sur d'autres marchés grâce à la 3D."
Un logiciel et des services
Armor Mécanique reçoit les plans des pièces finies en format IGES ou DWG et dispose du logiciel de CAO Alibre pour faire la mise en plan. "Nous récupérons très facilement le fichier sur ESPRIT, précise Jean-Pierre Olmeda. La méthode d'usinage de la pièce est définie en même temps que la programmation. Le logiciel est très rapide, simple d'utilisation et suite à la formation, la mise en oeuvre du module 3D a été très facile. Nous apprécions également la qualité des post-processeurs et le service apporté par NC Prog, distributeur de DP Technology. Nous pouvons les joindre à tout moment, et ils prennent la main à distance sur le PC si nécessaire. Lors de la sortie d'une nouvelle version du logiciel, ils viennent l'installer sur notre PC, forment les utilisateurs et répondent à toutes nos questions. C'est une vraie relation de partenariat." Armor Mécanique compte aujourd'hui 19 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 1,8 millions d'euros auprès d'une clientèle multi-secteurs d'activité. Tous les clients de l'époque de M. Février ont été conservés et Armor Mécanique compte environ 50 nouveaux clients très réguliers et une cinquantaine plus épisodiques. Une majeure partie d'entre eux travaille pour l'industrie et les biens d'équipement. Les secteurs d'activité des autres clients sont le nautisme, la machine spéciale, la chimie, la pharmacie, l'équipement automobile et le pétrole. Parmi les clients, citons SNRI – robinetterie industrielle –, le Groupe Bolloré –?énergie, automobile –, le Groupe Guerbet – pharmacie – GEA BTT – industrie pétrolière, gazière et chimique –, Avon Automotive – outillage. Armor Mécanique réalise pour eux des pièces de haute précision, de très simples à très complexes, usinées dans tout type de matériau : acier, inox, cuivre, plastiques, titane, cupro alu, fibre de verre... Pour les bateaux et les machines spéciales, l'activité complémentaire de chaudronnerie évite la sous-traitance. Tout se fait en interne, ce qui permet de réduire les délais et d'améliorer la qualité.
Dans les mois à venir, Franck Vincent va poursuivre la rénovation du bâtiment, la mise en oeuvre d'un système de gestion de production ainsi que le renouvellement du parc machines. L'idée n'est pas de faire un saut technologique mais de toujours monter en savoir-faire et valeur ajoutée, grâce à l'investissement matériel et humain avec, par exemple, l'usinage de nouvelles matières. Le recrutement d'un nouvel opérateur ainsi que l'acquisition d'un nouveau tour, d'un centre d'usinage 4 axes et d'une nouvelle licence ESPRIT sont envisagés. L'objectif étant, pour Armor Mécanique, de toujours rester en tête de la course !